Ce n'est pas d'une fiole de Felix Felicis dont il aurait besoin, mais d'un océan [Asgeir Nygârd]

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Sebastian Jacobsen
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Ce n'est pas d'une fiole de Felix Felicis dont il aurait besoin, mais d'un océan [Asgeir Nygârd]

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Ce n'est pas d'une fiole de Felix Felicis dont il aurait besoin, mais d'un océan
Après avoir choisi sa caste, il avait rejoint ses camarades pour le dîner. Et là, nouvel émerveillement. Jamais il n'avait vu un tel buffet, pas même dans les chics réceptions qu'il avait pu voir dans certains films télévisés. Celles du monde mondain dont il n'avait jamais fait partie. Sans nul doute qu'il en avait été plus heureux ainsi, à ne pas vivre dans le souci de l'apparence et des conventions. Son regard balaya la table, qui était si grande qu'il ne parvenait à voir les mets entreposés à l'extrémité. Il y en avait pour tous les goûts. Il avait profité du repas pour parler de certaines de ses recettes de pâtisseries, dont deux ou trois d'entre elles semblèrent captiver les élèves avec lesquels il échangeait, tandis que les autres leur inspirèrent plutôt une mine de dégoût. Il avait sympathisé avec plusieurs élèves, trois en particulier, avec lesquels il quitta la salle aux Trois Cascades pour rejoindre la salle commune située dans le pavillon est.
Lorsqu'ils arrivèrent à destination, un large sourire illumina le visage du jeune sorcier. La pièce, divisée en deux espaces distincts, était spacieuse et très lumineuse. Malgré l'obscurité de la nuit, il se précipita vers les grandes baies vitrées, tel un enfant dans un zoo, qui se collerait à la vitre de la cage aux lions.

« C'est magnifique ! » s'exclama-t-il. « J'ai vraiment choisi la bonne caste ! »

Le lac et la forêt entourant le château s'offraient à ses yeux. Rapidement, l'idée d'un bain en pleine nuit – et non pas d'un bain de minuit ! – lors des beaux jours le traversa, ne se préoccupant pas un seul instant des créatures qui vivaient dans ces eaux profondes. Un sourire satisfait, presque béat, prit possession de ses lèvres. L'instant d'après, il se jeta déjà sur les différents canapés et sofas, bientôt rejoints par ses nouveaux amis, pour tester leur confort.

« Ah ouais, c'est le pied. » soupira-t-il d'aise.

Après quelques minutes d'exploration de l'autre salle, dans laquelle il repéra des bouquins qu'il ne tarderait pas à lire, il se dirigea vers ses bagages et sa petite chouette, répondant au doux nom d'Harmony.

« Salut Harmo', la journée a été longue pour toi je pense. »

Avec une grande délicatesse, il ouvrit la cage et plaça son bras dans l'ouverture de la porte, jusqu'à ce que la dame blanche vienne s'y poser. Il caressa doucement ses plumes ; elle sembla apprécier ce contact. Sebastian ne l'avait adoptée que depuis une semaine et pourtant, un lien de confiance s'était déjà établi entre eux. Il se consoliderait encore avec le temps.
Le jeune homme adorait les animaux, il leur trouvait des qualités dont beaucoup d'humains, de nos jours, étaient dénués. Il avait eu un chien dans sa jeunesse, mais la vieillesse avait fini par avoir raison de lui et ses parents avaient décidé de ne plus en reprendre. En intégrant cette école, il avait eu l'opportunité d'avoir un nouvel animal. S'il avait pu, il aurait choisi un chien. Il ne regrettait cependant pas son choix. Harmony se révélait être très affectueuse. Il avait été très surpris des espèces que les sorciers pouvaient posséder. Ce n'était pas dans une animalerie qu'il aurait trouvé une chouette. Ses parents n'avaient cependant pas posé de questions lorsqu'il l'avait vu revenir avec l'oiseau. Il faut dire que la relation qu'il entretenait avec eux avait bien changé. Ce n'était guère surprenant.
Après avoir déposé une dernière caresse sur le plumage du rapace, il se décida à le mettre dehors, pour qu'il profite de la liberté. Il ne comptait pas le laisser en cage, elle n'était qu'un moyen de transport. Il ne se faisait pas de souci quant au fait qu'elle allait revenir. Il la regarda s'éloigner dans la nuit, avant de rejoindre la chambre qui lui avait été attribué, dans laquelle il retrouva l'un des trois sorciers qui avait partagé sa soirée. Un autre garçon s'y trouvait déjà mais semblait dormir. Dommage que Sebastian le remarqua un peu tardivement, puisqu'il avait lâché ses valises sans ménagement, sous le regard amusé de son camarade.

« Oups... »

D'abord motivé à ranger ses affaires, il prit la sage décision d'attendre le lendemain. Il avait fait suffisamment de bruit comme ça. Il se prépara, cette fois-ci dans une grande discrétion, avant de rejoindre les couvertures pour sa première nuit dans son nouveau repère. Première nuit qu'il passait loin de sa famille. Ce qu'on peut affirmer, c'est qu'elle n'avait pas été reposante. Malgré qu'une nouvelle vie commençait, avec de nouvelles opportunités et rencontres, qu'il refoulait la culpabilité qui l'assiégeait, il avait été envahi de pensées négatives. Son admission dans cette école était à présent concrète, elle n'était plus imaginée, alors il n'était guère surprenant que son esprit en soit chamboulé temporairement, quand bien même il faisait tout pour oublier. Mais c'était mieux ainsi. Ses parents avaient suffisamment à gérer, entre un fils à présent handicapé et lycanthrope, et la rancœur ressentie pour l'autre. Leur manquait-il ? Peut-être. Ce dont il était cependant certain, c'est qu'il ne manquerait pas à Jonas.
Pourtant, ce n'est pas ce à quoi il pensait. Il songeait à sa condition soumise à l'influence de la lune, au danger qu'il pourrait représenter pour les autres, à un avenir qui le poussait vers le haut mais sans qu'il ne sache de quoi il était fait. Ce n'est que lorsque ses yeux se fermaient qu'il voyait défiler les merveilleux moments passés avec son frère, qui s'assombrissaient peu à peu, jusqu'à ce qu'il revoit l'attaque, celle dont il était l'auteur, et qu'il se réveille en sursaut. Puis à nouveau, il se retrouvait en proie à de multiples questions, il fermait les yeux, avant de les rouvrir brutalement alors qu'il sombrait dans les ténèbres.

Il avait dû dormir deux heures, ou trois. Cependant, au réveil, il se montra de bonne humeur, plein d'énergie. La compagnie des autres l'empêcha de replonger dans l'obscurité. Comme souvent. Les relations aux autres, qu'on soit moldu ou sorcier, étaient essentielles, sauf dans les esprits les plus détraqués. Mais si avant il aimait la compagnie des autres pour les sentiments qu'elle procurait, il l'aimait aujourd'hui davantage pour ceux qu'elle empêchait de s'exprimer. Et ce n'était pas de bonnes raisons. Ce n'était pas de l'hypocrisie, loin de là, il ne ferait pas semblant d'apprécier quelqu'un qui l'exaspérerait – même pour quelqu'un comme lui, c'était possible – mais c'était, en un sens, utiliser autrui. Il n'en avait absolument pas conscience et ce n'était pas son objectif. Il ne parvenait toutefois pas à agir différemment. Il avait besoin d'être entouré, nourrissant ainsi son déni. Quoique déni n'était peut-être pas le terme le plus approprié, il était tout à fait conscient de ce qu'il avait, de ce qu'il inspirait à présent aux siens, mais refusait d'y penser. Pourrait-il un jour passer au-dessus alors qu'il refusait d'affronter cette réalité ? Cela serait difficile, voire impossible. Encore plus du fait qu'à chaque pleine lune, il redevenait cet être sans foi ni loi, ce monstre qui lui rappelait sans cesse ses actes passés. Qui lui faisait craindre ses actes futurs. Car malheureusement, même s'il s'en doutait, il apprendrait bientôt que la lycanthropie était une malédiction dont on ne pouvait se débarrasser. Il existait une potion qui pourrait l'aider, mais elle était rare, s'en procurer ne serait pas chose aisée et il ne pourrait pas en avoir de façon systématique. Il devrait subir, serait peut-être attaché et enfermé le temps qu'il redevienne lui-même. Car oui, s'il ne comptait pas dévoiler son secret à ses camarades, pas même à ses professeurs, il le ferait au moins à la directrice. Il sentait qu'il pouvait lui faire confiance, et au pire, tant pis. La vie d'autrui lui importait plus que la sienne. Autant le jugement des autres lui était égal sur de nombreux points, autant il craignait plus que tout – ou presque – de finir en paria. Mais entre cette option et celle de sauver des vies, son choix était vite fait. Il ne voulait plus commettre l'erreur qui avait coûté un bras et un rêve à son frère, et qui avait failli lui coûter la vie, en gardant ce secret. Probablement que si ce dernier n'avait pas survécu, Sebastian aurait fini par refaire une tentative de suicide tôt ou tard, même si après avoir été sauvé par sa magie, ou puni selon les points de vue, il s'était convaincu que c'était un signe. Il n'était pas sûr qu'il parvienne à vivre avec la mort de quelqu'un sur la conscience.

Après s'être préparé, s'habillant avec des vêtements qui n'étaient pas vraiment assortis, il rejoignit la salle aux Trois Cascades pour le petit déjeuner. Bien qu'il s'agissait du premier repas de la journée, le buffet était tout aussi fourni que celui de la veille. Ses mains se baladaient de panier en panier, hésitantes tellement il y avait de choix. Au niveau des boissons, il n'était pas en reste non plus. Chocolat en poudre, lait, thé, tisane, café, jus de citrouille, jus de fruits, … Il opta pour un chocolat chaud. Avant de partir, il se servit un verre d'une boisson qu'il ne connaissait pas. Il la trouva délicieuse, au point qu'il en emporta une bouteille, voyant d'autres camarades faire de même. Il faut dire qu'il y en avait bien assez. Il décida également d'emporter des viennoiseries dans son sac, qu'il partagerait avec quelques-uns de ses camarades. Ou beaucoup d'entre eux. Son sac était tellement blindé qu'il n'y avait plus de place pour la bouteille. Haussant les épaules, il la garda en main et se mit en route pour atteindre la salle où se déroulerait son premier cours qui n'était pas très loin. La salle de potions. Il ressentait une vive impatience à l'idée de découvrir cette matière, de concocter des élixirs, un peu comme il le faisait en cuisinant.

Arrivant à hauteur de la salle et remarquant l'absence du professeur, il se permit de boire une dernière gorgée, par gourmandise, tout en rejoignant la table où se trouvait son camarade de dortoir avec lequel il avait échangé la veille. Les yeux rivés vers le plafond, il en admira la profondeur et en fut si distrait qu'il trébucha contre le pied d'une table. Il se rattrapa de justesse, mais à cause de son acrobatie, il projeta la boisson sur l'un de ses camarades, qu'il crut reconnaître comme étant son autre camarade de chambre, et sur ses affaires. Les élèves présents se mirent à rire, autant pour cette chute évitée que pour la malchance du sorcier aux cheveux blonds. Gêné, Sebastian passa une main dans ses cheveux et s'exclama, riant maladroitement :

« Je suis vraiment désolé... J'ai eu le réflexe de me rattraper mais j'en ai oublié la bouteille. »

Il se pinça les lèvres, avant d'ajouter :

« Mais cette boisson est excellente, tu dégageras une bonne odeur pour le reste de la journée ! » rit-il. « Enfin, ce n'est pas que t'en avais besoin je te rassure... »

Quelques élèves pouffèrent de rire. Pourtant, bien que cela en avait l'air par le ton qu'il avait employé et par son sourire, il ne s'agissait pas d'une moquerie. Sebastian était de ces êtres étranges, qui pouvaient sortir des discours presque philosophiques, et qui, dans d'autres circonstances, pouvaient faire preuve d'une grande maladresse dans le choix de leurs mots.
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Ce n'est pas d'une fiole de Felix Felicis dont il aurait besoin, mais d'un océan

De son côté, Asgeir, malgré une mésaventure basée sur le quiproquo avec leur camarade de caste nommée Emelïa, avait passé un agréable début de soirée. Il s’était surpris à discuter naturellement avec la jeune fille mais l’instant avait été écourté par l’entrée d’autres élèves. As’ n’avait pas tardé à s’éclipser dans la chambre, prétextant devoir ranger ses affaires. Être en présence de trop de personnes dans un endroit “privé” l’intimidait beaucoup. C’était durant ces moments là que les gens posaient des questions. Trop de questions. Celles qu’il préférait éviter en général. Le mieux était encore de partir avant de devenir un sujet de conversation.

Après avoir pris congé de la timide sorcière, le Nygard avait pris le temps de défaire ses affaires, poser Mimir dans un coin calme et recouvrir sa cage d’un drap, puis de prendre une douche. Asgeir avait volontairement pris le lit du fond, le plus proche de la fenêtre et qui était un petit peu caché derrière un fin pilier, qui semblait être moins porteur que fait pour la pure décoration. Le matelas, moelleux, l'avait accueilli à bras ouverts. Cette première journée de voyage, d’accueil et de premières rencontres s'était mieux passée que ce qu’il s'était imaginé. Tout le monde était focalisé sur la découverte de l’école et des cours à venir pour le moment. Il était passé presque inaperçu. Tant mieux.

Très rapidement après qu’il se soit couché, ses camarades de dortoir firent leur entrée… Et pas des moindres. Dos à eux, le blond fit semblant de n’avoir rien entendu et de dormir. Il ne leur en voulait pas, en groupe on faisait forcément moins attention à ce qu’il se passait autour de soi. Ils avaient dû le remarquer car peu de temps après les voix se firent plus basses. Au moins ils n’étaient pas des ingrats qui persistaient à gêner ceux qui n’étaient pas dans leurs délires.

La nuit fut l’une des plus longues de sa vie. Le jeune sorcier ne pouvait pas s’empêcher de s’imaginer comment les journées, les prochaines semaines, allaient se dérouler. Ici il avait l’impression de pouvoir faire ses propres choix, de forger son avenir à lui, comme il l’entendait. Pourtant les dernières paroles que sa mère lui avait lancé avant son départ n’arrêtait pas de parasiter ses pensées. “Et surtout, fait en sorte de ne pas ternir le nom des Nygard. Brille. Comporte toi comme l’auraient fait tes ancêtres.”
Il savait pertinemment qu’elle attendait de lui d’être parmi les meilleurs élèves, et ce particulièrement dans les matières telles que la nécromancie ou encore les maléfices. On espérait de lui qu’il s’impose, réussisse peu importe les moyens, tant qu’il arrivait à ses fins. Il n’était pas comme ça. Il le savait tout au fond de lui. Il aimerait rendre fière sa famille, vraiment. Il ne demandait que ça. Mais tout en restant lui-même. Par dessus cela il avait comme un mauvais pressentiment par rapport au lendemain, sans savoir vraiment quoi.

Finalement, il n’avait pas fermé l'œil de la nuit.

Las de gamberger, il s’était levé avant les autres, sans un bruit. Il s’était préparé en vitesse, pris ses livres de cours qui sentaient bon le neuf pour la matinée et avait doucement refermé la porte pour ne pas réveiller ses camarades. Il n’avait absolument pas envie d’arriver en retard à son premier cours de potions. Enfin y’avait retard et retard hein, surtout quand on arrivait presque une heure en avance… Sans parler du manque de sommeil qui se lisait sur son visage cerné. Au moins, il avait eu le choix du roi quant à sa place dans la salle. Il se plongeait immédiatement dans le manuel de potions, feuilletant les différentes rubriques. Allaient-ils devoir apprendre tout ça seulement sur une année ? Lui qui n’avait touché au chaudron que trop peu de fois.. Il ne savait même pas comment concocter correctement un herbicide… Ça lui paraissait être énormément de travail. Et si ce n’était que pour une seule matière, il s’imaginait déjà passer la plupart de son temps à la bibliothèque ou dans la salle d’étude…

Plus rapidement qu’il ne l’avait pensé, la petite salle de cours était remplie d'élèves. Il ne l’avait pas tout de suite remarqué, trop concentré sur le manuel. C’était comme s’il avait à peine eu le temps de baisser puis de relever la tête et pouf ! Tout le monde était apparu.
Et puis, l’orage. La table trembla violemment et quelque chose de liquide et de sucré s’étalait sur son manuel et sa chemise. Un léger rire gêné, des cheveux bruns, et une excuse bidon vinrent en même temps.

-Je suis vraiment désolé... J'ai eu le réflexe de me rattraper mais j'en ai oublié la bouteille.

-...

Respire Asgeir, respire. Il n’avait sûrement pas fait exprès.

-Mais cette boisson est excellente, tu dégageras une bonne odeur pour le reste de la journée ! Enfin, ce n'est pas que t'en avais besoin je te rassure...

Rectification. Le brun avait clairement fait exprès. Le mauvais pressentiment de la nuit dernière pointait-il déjà le bout de son nez dès les premières heures de la journée ? Il devait avoir un sacrément mauvais karma. Les rires autour de lui le dérangeaient encore plus. Il détestait plus que tout attirer l’attention et que l’on se moque de lui. C’était une attaque et il le prenait très personnellement. Le visage totalement fermé, le jeune homme soulevait son livre qui n’était plus si neuf désormais et laissait le jus couler des pages.

-C’est bon, j’ai compris. T’es le petit rigolo de la classe. Pas de chance, les blagues de mauvais goût ça ne m'amuse pas.

Est-ce qu’il était plus de mauvaise humeur qu’il ne l’aurait été d’ordinaire à cause de la nuit blanche qu’il avait passée ? Oui, sûrement. Les rires se turent dans la salle, laissant place à des murmures déplaisants, par-ci, par-là. Et voilà, ça commençait. Sa main droite se crispait sur le mouchoir qu’il venait de sortir de sa poche. Il épongeait distraitement son livre, qui mettrait du temps avant de sécher totalement et les pages de gondoler, puis s’attelait à sa chemise, foutue.

- Tu comptes rester planté là ? Lui crachait-il sèchement dessus.

Tout ce qu’espérait le blondinet en retour était simplement qu’il s’éloigne de lui et le laisse tranquille. Les affaires ça se nettoyait, l’humiliation c’était tout de suite plus compliqué. Il plantait son regard dans le sien, un sourcil un peu relevé, mâchoire serrée, l’air de dire “quoi ? t’es encore là bras ballants ?”.
Clairement, Asgeir ne l’avait pas reconnu. Il ne l’avait pas vu lorsqu’il était entré dans le dortoir la veille et n’avait pas trop prêté attention aux différentes voix de ses camarades de chambrée. S’il avait su que le “petit rigolo” était aussi un des gars avec qui il allait devoir adresser deux trois mots tous les jours de l’année, peut-être se serait-il un peu plus tempéré dans ses propos.


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Sebastian Jacobsen
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Malgré la courte nuit qu'il avait passée, Sebastian était en grande forme. Il en était ainsi depuis son enfance ; bébé curieux qui, dès qu'il avait pu tenir sur ses jambes, les avait mises en action pour courir dans le jardin puis dans les champs, sauter des obstacles, grimper aux arbres. Il débordait d'énergie et se laissait facilement distraire, au point que ses parents, durant un temps, avaient pensé qu'ils souffraient d'un trouble du déficit de l'attention, mais cette hypothèse avait fini par être écartée. Quoi qu'il en soit, même après une journée épuisante et un manque de sommeil, il parvenait à retrouver toute sa vivacité dès le lendemain. Ou presque toujours. Cependant, depuis qu'il était devenu un loup-garou, les choses avaient quelque peu évolué. Quelques jours avant la pleine lune, il se trouvait la plupart du temps dans un état de nervosité qui mettait son corps en tension, lui conférant ainsi un trop plein d'énergie qui, contrairement à l'accoutumée, finissait par le lessiver en fin de journée. Ensuite, après la fameuse nuit, il lui fallait plusieurs jours pour récupérer, même pour quelqu'un comme lui qui se rétablissait généralement en peu de temps et dont il était difficile de venir à bout de son tonus. Mais en l'instant présent, ce n'était pas tant son exaltation qui posait problème, mais son côté distrait. Celui-là aussi, il l'avait depuis son plus jeune âge. Combien de fois s'était-il pris une porte vitrée en suivant un papillon ? Avait-il loupé l'arrêt de bus auquel il devait descendre, parfois même de nouveau lorsqu'il revenait dans l'autre sens ? Ou oublié ses drôles de pâtisseries dans le four, qui finissaient carbonisées ? Bon ce dernier point arrangeait tout le monde à la maison, rassuré de ne pas avoir à goûter à ses préparations plus originales les unes que les autres et dont la recette ne pouvait être trouvée nulle part ailleurs que dans ses méninges. Face à ce comportement, il y avait plusieurs réactions, qui dépendaient aussi de l'auteur du regard qui était posé sur lui. Ses parents avaient fini par capituler et avaient cessé de lui dire de faire attention aux portes vitrées, aux pâtisseries, ou à ne pas chantonner dans le bus au point d'en oublier son arrêt. Les autres adultes, généralement, s'agaçaient – notamment certains de ses professeurs – ou au contraire en étaient attendris. Ses camarades, pour beaucoup, s'en amusaient, mais jamais Sebastian ne s'en offusquait et ce n'était pas non plus le genre d'élève à vouloir se faire remarquer, il était simplement ainsi, davantage captivé par une mouche se lavant les pattes que par l'histoire de la Norvège. Pourtant il avait plutôt de bons résultats scolaires, lorsqu'il s'en donnait la peine. Mais il y avait aussi les élèves qui l'assassinaient du regard, parce que généralement, ils étaient la cible involontaire de sa maladresse. Encore que, ce n'était pas une question d'adresse, mais de concentration, dans son cas. Car il était plutôt agile et s'il avait décidé, gamin, de grimper sur cet arbre, il y parvenait de quelque façon que ce soit. Et ce regard, c'est exactement celui qui se trouvait face à lui en l'instant présent.

Une fois de plus captivé par ce que tout le monde ignorait, il avait trébuché, projetant le contenu de sa bouteille sur l'un de ses camarades et sur ses livres. Il n'était donc pas surprenant de faire face à des yeux presque menaçants, bien que certaines de ses cibles, par le passé, avaient ri de la situation. Dans l'instant présent, ou dans l'après. Peut-être cela arriverait-il avec le sorcier aux cheveux blonds et aux traits délicats qui se trouvait face à lui. Encore fallait-il que Sebastian fasse attention aux choix de ses mots qui pouvaient être interprétés différemment que ce qu'il cherchait à communiquer, et à son sourire parfois présent dans les moments inappropriés. Ça, ce n'était pas gagné.

« C’est bon, j’ai compris. T’es le petit rigolo de la classe. Pas de chance, les blagues de mauvais goût ça ne m'amuse pas. » s'emporta le blond.

Sa réaction était tout à fait justifiée. Néanmoins, en un sens, si on considérait les choses sous un autre angle, il y avait un aspect positif à ce trait de caractère présent chez Sebastian. Contrairement à la plupart des gens, il savait s'arrêter sur les détails, s'émerveiller de choses dont on a trop l'habitude et dont on finit par détourner le regard, ne semblait jamais laisser place à l'ennui et à la routine. Malheureusement, avec cette curiosité venait les dommages collatéraux.

Malgré l'attitude de son « adversaire » et son visage des plus fermés, Sebastian, en toute innocence, laissa son sourire ancré sur le sien. Il n'avait que faire des murmures qui naissaient par-ci par-là dans la salle de cours. Cherchant à nouveau à détendre son camarade, il s'enfonça un peu plus, lâchant de façon spontanée une phrase qui, n'importe qui d'autres ici présents l'aurait deviné, ne plairait pas à son interlocuteur.

« La boisson est certes sucrée et collante, mais je pense que ce n'est pas assez pour figer ton visage de marbre. Ou tu as peut-être peur d'avoir des rides plus tard ? Je te rassure, sourire ne va pas abîmer ton joli minois. » lança-t-il avec amusement, lui adressant un clin d'œil au passage.

S'il existait un Dieu du facepalm, probablement serait-il apparu dans la pièce. À nouveau, quelques rires se firent entendre. Visiblement, la victime n'avait aucune envie de rire elle, par contre.

« Tu comptes rester planté là ? » cracha-t-il à l'attention du né-moldu.

Sebastian dirigea son regard vers la table juste devant, où se trouvait son autre camarade de chambre. Parfait. Dès qu'il serait installé, il chercherait un sort pour rattraper sa bêtise. Il serait à proximité du blond et pourrait ainsi le mettre à exécution facilement. Il ne restait plus qu'à trouver le dit-sortilège. Son regard se reporta ensuite vers son camarade blessé dans son ego, puis vers la bouteille dont il ne restait plus grand chose à l'intérieur.

« C'est dommage quand même, j'espère qu'il y en aura d'autres à midi. » dit-il pour lui-même, haussant les épaules.

Nouveau semblant de provocation, alors que ce n'en était pas du tout une. Il porta à nouveau son attention vers le jeune homme à la chemise souillée.

« Je vais rattraper mon erreur ne t'en fais. Si besoin, je te file mon bouquin. » reprit-il, confiant.

Sans plus attendre, il prit place aux côtés de son nouvel ami, qui pouffa encore de rire. Sebastian se laissa entraîner et rit à son tour. C'était plus fort que lui. Bien qu'il en donnait constamment l'impression, il ne se moquait pas du sorcier qui se trouvait derrière lui, à éponger ses affaires, mais bien de lui-même et de la situation, sans cibler la personne. Il prenait les événements « sans incidence » – tout dépend des points de vue – avec une telle légèreté et avec le sourire qu'il en oubliait parfois que ce n'était pas le cas de tout le monde. L'humour pouvait tout autant décoincer que gêner, ou blesser.

Quelques minutes après cette mésaventure, le professeur arriva. Sebastian fut attentif lorsqu'il se présenta et aborda les grandes lignes de sa matière, mais dès qu'il commença l'introduction de son cours, le jeune homme ouvrit son livre de sortilèges.

« Je pourrais recopier ton cours ? Je vais essayer de trouver un sort pour rattraper ma connerie. » demanda-t-il à son voisin de table, jetant un coup d'œil derrière lui par la même occasion.

Celui-ci acquiesça, lui suggérant au passage le nom approximatif d'un sort de nettoyage qu'il connaissait. Le brun le remercia et se servit de cette piste pour affiner sa recherche.
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Quels méfaits avait-il bien pu accomplir dans une autre vie pour avoir un Karma aussi négatif ? Premier jour de cours, première HEURE de cours, et ça commençait déjà à lui tomber dessus. Lui qui avait aspiré à passer sa scolarité paisiblement et sans se faire remarquer, il venait de commencer fort. Il n’aimait pas cette impression que tous les regards étaient rivés sur lui, guettant la moindre de ses réaction pour après pouvoir répéter et amplifier la scène qui venait de se dérouler. Toute son enfance on lui avait appris à se taire et à s’effacer. Que ce soit pour une bonne ou une mauvaise chose, Asgeir n’aimait simplement pas être le centre de l’attention. S’il avait pu, il aurait voulu se cacher dans un trou de souris et ne plus jamais en sortir. Sa réaction piquante envers son “maladroit” camarade avait été sa façon de se protéger, en le repoussant de toute la force de sa mauvaise humeur. Et aujourd’hui la mauvaise humeur serait particulièrement présente.

- La boisson est certes sucrée et collante, mais je pense que ce n'est pas assez pour figer ton visage de marbre. Ou tu as peut-être peur d'avoir des rides plus tard ? Je te rassure, sourire ne va pas abîmer ton joli minois.

Il détestait le sourire suffisant du brun. Il détestait le ton arrogant qu’il prenait. Il détestait ses petites provocations. Et ce type là était chez les Vanhir ? Il avait du mal interprété les caractéristiques des différentes castes dans ce cas.

- C'est dommage quand même, j'espère qu'il y en aura d'autres à midi.

Ok, il haïssait ce type. Le blond ne pris même pas la peine de répondre quoi que ce soit à la pique de ce pauvre type. Si ça amusait le brun de prendre en grippe le premier élève venu, qu’il s’amuse. Il ne rentrerait pas dans son jeu.

- Pas la peine, ça ira. T’en a déjà assez fait comme ça. Soupirait l’adolescent.

Il ne pu cependant s’empêcher de le suivre du regard tout le long jusqu’à ce qu’il soit assis à une des tables en face de la sienne. Quel gachi. Un si joli minois avec un tel sale caractère. Heureusement qu’il avait encore la possibilité de l’éviter au maximum pour esquiver les potentielles crasses qu’il pourrait “innocemment” lui faire. Il suffisait qu’ils ne se croisent que le strict minimum n’est-ce pas ?

Leur professeur arrivait peu de temps après, le sauvant de la tension qui commençait à régner. Une élève, arrivée presque en retard pour son premier jour, avait pris place à côté de lui par défaut. Elle ne lui avait pas prêté immédiatement attention mais lorsqu’elle avait remarqué que le livre d’Asgeir était dans un piteux état, elle n’avait rien dit mais s'était contentée de mettre son propre livre entre eux deux. Grâce à elle le garçon avait pu suivre correctement le cours du jour. Ce n’était que l’introduction du cours de potion et pourtant le jeune homme sentait qu’il allait du mal à se distinguer dans cette matière. Toutes ces pesées au milligramme près, faire attention au sens dans lequel on tournait le liquide, couper les ingrédients dans une forme bien particulière, les assembler dans un ordre précis, sans quoi tout pouvait partir en fumée… Ou pire… Ça lui donnait déjà mal à la tête. Bon sang, pourquoi les potions étaient un cours forcément obligatoire dans toutes les écoles ?!

De temps à autre le Nygard avait jeté des coups d'œil à son oiseau de malheur et lui avait adressé des regards noirs si leurs yeux entraient en contact. Il n’avait pas du tout l’air concentré sur ce que disait le professeur. Il avait l’air suspect. Comme s’il cherchait quel serait le déclencheur de sa prochaine embrouille.

- Monsieur Nygard. C’est bien ça ? Je vois bien que mon cours vous passionne, mais je vous serais reconnaissant de laisser un soupçon de faculté d’attention à vos petits camarades, ils ont l’air de zombie à cause de vous. Ironisait le professeur de potion.

Merde, grillé. Il avait vraiment du fixer l'autre garçon longtemps pour que ça finisse par se faire remarquer.

- P… Pardon Professeur.

Vivement la fin du cours. Il pourrait s’éclipser dans sa chambre pendant l'entre-deux et se changer. Surtout : Ne pas croiser la calamité ambulante sur son chemin. Il finirait peut-être par devenir méchant envers lui et le regretter par la suite. Asgeir n’avait pas mauvais fond, il avait juste de grosses lacunes niveau sociabilité. Vivez reclus pendant près de dix ans, voyez les mêmes personnes tous les jours sans avoir la possibilité de parler à des inconnus et vous deviendrez comme lui. Ne pas savoir quand rire ou s’offusquer, devenir venimeux à la moindre provocation, même amicale. Il enviait les gens ouverts, amicaux, marrants, beaux, bruns et… Mince c’était pas un peu trop précis comme pensées ? Bref, en quelque sorte jalousait ce qu’il rêvait d’être.



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Sebastian Jacobsen
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Re: Ce n'est pas d'une fiole de Felix Felicis dont il aurait besoin, mais d'un océan [Asgeir Nygârd]

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Ce n'est pas d'une fiole de Felix Felicis dont il aurait besoin, mais d'un océan
Sebastian, dans toute sa splendeur, avait encore frappé. Sa scolarité débutait à peine qu'il reproduisait des erreurs déjà commises tant de fois par le passé. Il avait, une fois – enfin, plus d'une –, bousculé un camarade en jonglant avec des stylos, le faisant dévaler les escaliers ; avait fait avoir un accident à sa maîtresse de primaire qui, en voulant l'éviter alors qu'il avait glissé devant elle sur du verglas, trop concentré à regarder un chat grimper à un arbre, avait braqué le volant vers le portail du parking de l'école ; ou encore avait déséquilibré ses camarades en pleine figure dans une séance d'acrogym, alors qu'il avait admiré avec un peu trop d'intensité une araignée qui tissait sa toile. Et pourtant, il était toujours là, avec son sourire innocent, au grand dam de ses enseignants ou de nombreux compagnons de classe. Sa vie aurait presque pu être une comédie, si elle n'était pas nuancée par la part d'ombre qu'il dissimulait, depuis maintenant bientôt trois ans. Au grand dam de ses victimes, la bête n'était, elle par contre, guère distraite. Tous les sens à l'affût d'une proie. Les crocs prêts à se refermer sur un humain, sorcier ou moldu. Des pattes solides et rapides, dont on ne pouvait qu'échapper difficilement. Qui aurait cru, en cet instant, dans cette classe, que derrière ce sourire taquin, se cachaient en vérité des crocs acérés ? Que ces cheveux hirsutes, les soirs de pleine lune, laissaient place à une fourrure qui recouvrait son corps animal ? Que derrière cette bienveillance et ce caractère joueur se cachait une créature meurtrière qui avait failli tuer son propre frère ? Que finalement, ce rayon de soleil cachait une souffrance ?

Après avoir promis au blond qu'il rattraperait son erreur – même si celui-ci sembla fortement opposé à cette idée –, Sebastian prit place non loin de lui, à côté de l'un de ses camarades de chambre. Il s'empressa d'ouvrir et de survoler le livre de sortilèges qu'il avait emmené avec lui pour l'un des cours suivants. Il constata rapidement que les sorts étaient rangés par thème : attaque, défense, … Bien qu'il avait une cible en tête, comme à son habitude, l'adolescent se laissa distraire par les multiples informations qui s'étalaient sous ses yeux et se perdit dans de nombreuses pages. Il récitait les formules dans sa tête, les associant parfois à leur action de façon correcte, parfois se mélangeant les pinceaux. Une chose était sûre, il avait hâte de les apprendre et ne doutait pas qu'il adorerait le cours de sortilèges. Une autre chose était certaine, c'est que son ou ses camarades de travail, pour les fois où les élèves devraient former un duo ou un groupe, seraient à plaindre. Peut-être que certains finiraient même à l'infirmerie. En guise d'excuses et pour les aider à se rétablir, il leur apporterait alors ses merveilleuses pâtisseries, sourire aux lèvres, tandis que les dits-camarades commenceraient certainement à se décomposer à l'idée de devoir manger ses gâteaux.

Pendant ses recherches, il avait à quelques reprises lever les yeux vers sa victime accidentelle, très agréable à admirer d'ailleurs, qui le foudroyait du regard à chaque occasion. Au moins, cela avait pour effet de le recentrer sur le but initial de sa recherche. Bien qu'il savait qu'à sa place, il aurait pris les choses à la rigolade, il comprenait la réaction du blond. Celui-ci, contrairement à lui, semblait porter une grande importance à son image. Sans parler des ouvrages qu'il avait abîmés, sans le vouloir certes, mais c'était déplaisant. On lui avait appris à respecter le matériel aussi, jamais il ne l'abîmait. Jamais volontairement, j'entends.

Soudainement, le professeur s'interrompit dans son cours. Le jeune homme ne le remarqua pas immédiatement, absorbé par les lignes qui se dévoilaient sous ses yeux. Ce fut le coup de coude de son voisin de table qui lui fit lever la tête. Sans doute pensait-il que ce serait sur lui que les foudres allaient tomber, mais ce fut à nouveau sur le malchanceux.

« Monsieur Nygard. C’est bien ça ? Je vois bien que mon cours vous passionne, mais je vous serais reconnaissant de laisser un soupçon de faculté d’attention à vos petits camarades, ils ont l’air de zombie à cause de vous », ironisa l'enseignant.

De nouveaux murmures amusés résonnèrent dans la pièce. Cela ne ferait pas remonter le brun dans son estime. Au moins, pour le coup, il ne rit pas et aucun sourire ne vint prendre possession de ses lèvres. En vérité, il s'était déjà replongé dans sa lecture. Quelques minutes plus tard, alors que la concentration et le sérieux étaient revenus, le cours fut à nouveau interrompu.

« J'ai trouvé ! » s'écria Sebastian, comme s'il n'était pas dans une salle de classe, comme s'il n'y avait pas de professeur qui le surveillait.

Son voisin de table et quelques autres camarades se mirent à rire. Cette fois, il ne put s'empêcher de sourire, satisfait à la fois d'avoir trouvé une formule, et se laissant entraîné par les réactions des autres.

« Oui, Monsieur Jacobsen ? Qu'avez-vous trouvé ? En tout cas pas la réponse à mes dernières questions. »

« Oh, désolé, professeur. Je... J'ai retrouvé le nom d'une potion que je cherchais. » répondit-il, tout à fait serein.

Il était très difficile de faire en sorte qu'il rougisse et ou qu'il se sente gêné. Il n'avait aucune appréhension à l'idée de prendre la parole en groupe, même s'il était complètement à côté de la plaque, parce qu'il n'avait écouté qu'à moitié les consignes, ou les questions. On pouvait être autant admiratif qu'agacé par cet aspect de sa personnalité.

« Ah, et quelle est donc cette potion ? » le questionna le professeur, dubitatif.

« Euh... »

Aïe, il avait peut-être parlé un peu trop vite. À vrai dire, il n'y connaissait rien. Remarquant sa « détresse » – ce mot était beaucoup trop fort –, son ami lui souffla une réponse, que le lycanthrope répéta sans hésitation aucune.

« L'Amortentia ! »

L'ensemble de la classe éclata de rire.

« Oh, vraiment ? Vous venez à peine d'arriver et vous avez déjà repéré une pauvre victime ? Ah... Les joies de l'adolescence ! » lâcha le professeur, une pointe d'agacement dans la voix. « Maintenant, je vous prierai de suivre, si vous ne voulez pas finir en retenue. »

Le concerné acquiesça, mais à vrai dire, cette menace lui passa au-dessus. Ce n'était pas les retenues qui l'effrayaient. Il en avait eu quelques-unes durant sa scolarité, mais ce n'était pas ce genre de punition qui allait le rendre plus attentif. Aucune d'ailleurs ne pouvait agir sur ce point.

Avant de passer à l'acte et de jeter le sortilège, il questionna son camarade quant au nom de la potion qu'il lui avait soufflé, poussé par la curiosité. Ce dernier lui expliqua, et tous deux se mirent à rire, cherchant à étouffer le son avec leurs mains. Jamais il n'aurait pensé qu'il puisse exister de telles potions. Bien qu'il n'avait pas été attentif lors de ce premier cours, il avait hâte de connaître tout ce qu'il était possible de créer. Peut-être serait-il un jour capable d'en créer une, lui aussi ? Pour le bien de l'humanité, il ne valait mieux pas.
Après avoir jeté un regard en direction du professeur qui écrivait quelque chose au tableau, il s'empara discrètement de sa baguette et la tendit vers le blond et ses bouquins.

« Tergeo » murmura-t-il.

L'instant d'après, le livre de sa victime commença à se déchirer et la tâche sur sa chemise s'agrandit et changea de couleur, virant au rouge vif.

« Oh punaise, merde... Pourquoi ça vire au rouge ? Tu crois que ça fait comme pour les bouquins et que c'est sa peau qui part en lambeaux ?? » paniqua Sebastian qui s'agita sur sa chaise. « Comment on arrête ce truc ?? »

En guise de réponse, son ami éclata de rire, bientôt suivi par l'ensemble de l'assemblée. Sebastian, ignorant la façon d'arrêter le sort, agita sa baguette, ce qui ne fit qu'aggraver la situation : les pages du livre se déchirèrent plus rapidement encore et la tâche continuait de s'agrandir. Finalement, il lâcha sa baguette brusquement, comme si elle lui avait brûlé les doigts et se releva d'un bond. Une voix tonna dans la pièce, incitant les jeunes à se taire.

« MONSIEUR JACOBSEN, MONSIEUR NYGARD ! »

D'un geste agile et précis, le professeur stoppa l'hécatombe.

« Puisque cela vous amuse de faire les pitres, vous aurez tous les deux deux heures de retenue ce soir, dans cette salle ! Vous me ferez des recherches sur... L'Amortentia, par exemple ! » explosa le professeur, dont le visage était presque aussi rougi que la chemise tachée du Vanhir.

« Vraiment désolé Monsieur... Mais mon camarade n'y est pou... » commença Sebastian.

« Silence, je ne veux plus vous entendre ni l'un ni l'autre ! » l'interrompit l'adulte.

L'adolescent se rassit sur sa chaise et, pour une fois, n'osa plus lever les yeux en direction de son camarade, qui devait déjà être en train de faire une poupée vaudou à son effigie. Cela lui était égal de s'être fait remarquer, que des élèves se soient moqués de lui ou qu'il se soit pris une retenue, mais ça l'était un peu moins concernant le blond, qui n'était pas fautif. Comme souvent avec Sebastian, un dommage collatéral ! Il se sentait coupable et resta ainsi sagement assis sur sa chaise, tel un enfant qu'on aurait mis au coin. Il parvint tout de même à retrouver une once de sourire lorsque son camarade lui chuchota des absurdités à l'oreille. C'est à ce moment-là qu'il osa lever le regard vers le désastre qu'il avait causé.
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Ce n'est pas d'une fiole de Felix Felicis dont il aurait besoin, mais d'un océan


Après la dernière remontrance de la part de leur professeur de potion, Asgeir se forçait à se concentrer sur le cours, grattant de sa plume sur l’un des cahiers de prises de notes vierge qu’il avait pu sauver de l’accident. Par chance il lui en restait dans sa sacoche qu’il avait eu la veine de ne pas avoir sorti au moment de l’abrupte rencontre avec l’autre singe. Que devait-il penser de cet enchaînements d'événements depuis son arrivée ? Déjà lors de la cérémonie de répartition, les arbres de l’école avaient mis un long instant avant de se manifester, faisant douter le jeune homme de sa légitimité à Jafnhàr. Il était pourtant comme tous les autres élèves ici : un simple sorcier. Certes avec quelques difficultés pour lancer des maléfices, mais en même temps on ne lui avait pas vraiment laissé l’occasion de briller dans d’autres types de sorcellerie. Mais alors pourquoi, en l’espace d’une soirée et d’une matinée, le karma lui avait-il infligé d’abord la frayeur de sa vie avec l’attaque de sa petite Mimir par un chat dans la salle commune des Vanhir, puis cet accident de jus de fruits et la réprimande du prof. Peut-être aurait-il simplement dû rester couché ce matin, se porter pâle pour le jour de la rentrée. Ou alors les dieux le mettaient au défi, cash pistache, pour tester sa résilience. Si ce n’était que ça, alors le blond n’allait pas baisser les bras si rapidement !
Venez donc à lui, emmerdes, car il comptait bien finir sa scolarité avec brio !

- J'ai trouvé ! S’écriait sa némésis du jour.

Visiblement, As’ avait pensé bien trop fort. Voilà l’autre qui voulait en remettre une couche. Le blond posait un regard suspicieux sur Sebastian. Qu’avait-il trouvé d’autre pour attirer toute l’attention sur lui…?


-Oui, Monsieur Jacobsen ? Qu'avez-vous trouvé ? En tout cas pas la réponse à mes dernières questions.

-Oh, désolé, professeur. Je... J'ai retrouvé le nom d'une potion que je cherchais.

- Ah, et quelle est donc cette potion ?

-Euh… L’Amortentia !


Eh… Il était sérieux celui-là où il n’avait fait que répéter bêtement ce que son camarade lui avait soufflé à l’oreille ? Seconde option, à ne pas en douter. La classe était pliée de rire, Asgeir avait envie de se frapper le crâne contre la table. Et il allait devoir faire avec ce pitre au moins tout le reste de l’année… Il soupirait et reportait son attention à ses notes dès que la classe reprit son calme. Pour être tout à fait honnête, si le blondinet n’était pas d’humeur aussi ronchonne, il aurait sûrement ri à la bêtise du dit “Jacobsen”. Mais il était bien trop inquiet de ne pas savoir ce qu’il avait vraiment derrière la tête pour ne serait-ce que s’autoriser un sourire.

Et il avait de quoi se faire du souci. Le Nygard chuchotait avec sa voisine de tablée, qui semblait être à l’aise avec les différents ingrédients utiles pour les potions, quand un craquement attirait son attention. Son livre se potion, auparavant trempé, se retrouvait maintenant en charpie.Sa camarade le regardait aussi très bizarrement, yeux écarquillés en direction de son torse. Il baissait lui-même le regard vers l’endroit qui lui semblait de plus en plus… Humide ? Merde ! C’était rouge et ça s'agrandissait vite ! Il saignait ? Il ne ressentait pourtant pas de douleur particulière ! Il se levait de sa chaise et touchait sa chemise, un poil paniqué.

JACOBSEN… Celui-là il allait lui payer… Ses yeux se posaient sur ce dernier, le regard assassin.

-Oh punaise, merde... Pourquoi ça vire au rouge ? Tu crois que ça fait comme pour les bouquins et que c'est sa peau qui part en lambeaux ?? Comment on arrête ce truc ??

-Lâche ta baguette ! Tu vas finir par blesser quelqu’un ! Asgeir rageait.

Si ce pitre ne venait pas d’une famille de moldus et n’utilisait pas sa baguette pour la première fois, Asgeir s’en couperait un doigt. Bon sang, personne ne lui avait dit qu’il ne suffisait pas de lire un sort dans un livre pour savoir le maîtriser ?

-MONSIEUR JACOBSEN, MONSIEUR NYGARD ! La voix du professeur lui glaçait le sang.

- Puisque cela vous amuse de faire les pitres, vous aurez tous les deux deux heures de retenue ce soir, dans cette salle ! Vous me ferez des recherches sur... L'Amortentia, par exemple !

Non, non, tout mais pas deux heures de plus dans une salle avec Sebastian ! Il allait vraiment finir par perdre un membre. Asgeir fulminait. Il détestait avoir tous les regards focalisés sur lui. Il se rassit sans rien dire, la mâchoire serrée, le regard sombre. Sa chemise était foutue. Il en avait bien d’autres mais à ce rythme là il allait devoir rapidement faire les boutiques…

Le reste de l’heure de cours passait péniblement. Il n’arrivait même plus à se concentrer sur ce qu’il écrivait, machinalement. Dès qu’il furent libérés, Asgeir s’éclipsait pour retourner dans les dortoirs, histoire de se changer et de mettre sa chemise à la poubelle. Il avait eu de la chance de ne pas avoir été blessé par l’incompétence de Jacobsen.
Si le cours de potion de la matinée avait été d’une longueur excessive, le reste de la journée été passé à une vitesse folle. L’adolescent avait tout fait pour éviter de croiser à nouveau le regard de Sebastian, auquel cas il allait finir par le pétrifier rien que d’un coup d'œil assassin. Et malheureusement la journée était loin d’être terminée…

Le voilà de retour dans sa salle “préférée” pour deux interminables heures. Le professeur les accueillait bras croisés et leur montrait du doigt une table, sans rien dire. Ils… Ils devaient se mettre à la même table ? Par les dieux, ça allait être encore plus long que prévu.

-J’attends de vous de pouvoir exposer à votre classe tout ce que vous pouvez apprendre sur l’Amortentia, puisque c’est un sujet qui à l’air de vous passionner Monsieur Jacobsen. Vous travaillerez en groupe, tous les deux. Le professeur se tournait plus spécialement vers Asgeir et répétait avec insistance : En groupe.

Le prof leur posait deux énormes livres de potion sur la table et retournait s’asseoir à son bureau, se désintéressant immédiatement d’eux. Au bout de quelques minutes il s’excusait de devoir s’absenter quelques instants et sortait de la salle. Dès que la porte se refermait Asgeir menaça immédiatement Sebastian du bout de sa plume.

- N’essaie plus jamais de lancer un sort vers moi et n’essaie pas de rattraper tes erreurs. L’amortentia hein ? Tu sais au moins ce que c’est ? Il soupirait interminablement et baissait sa plume.

- On fait les recherches ensemble ce soir et on évite de se croiser à l’avenir, ce sera mieux pour nous deux.

Il attrapait le premier gros livre entre ses mains et l’ouvrait à une page au hasard. Philtre de mort vivante. Le hasard souhaitait envoyer un message.


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Message par Sebastian Jacobsen »

Ce n'est pas d'une fiole de Felix Felicis dont il aurait besoin, mais d'un océan
Le premier cours commençait bien. En voulant réparer son erreur, voilà que Sebastian avait aggravé la situation. Son sortilège avait complètement foiré et, lui qui était pourtant si serein en général, il avait quelque peu paniqué en pensant avoir blessé son camarade alors que sa chemise s'imbibait de ce qui semblait être du sang. Heureusement, ce n'était que la tache qui avait changé de couleur. Le plus flippant fut peut-être le regard noir et assassin que lui jeta le blond, alors qu'il lui ordonna de lâcher sa baguette, ce que le brun fit immédiatement. Toute cette agitation n'avait pas plu au professeur de potions qui les punit de deux heures de colle. Voilà ce qui résultait de cette première heure : Des dégâts matériels, l'affiche devant tout le monde et une punition. Pourtant, Sebastian ne s'en inquiétait pas le moins du monde en ce qui le concernait, mais il s'en voulait sincèrement d'avoir abîmé le bouquin du blond et d'avoir carrément détruit sa chemise. Il culpabilisait au moins autant pour les deux heures de colle qui, s'il estimait que c'était mérité pour lui, ne l'étaient pas pour son camarade. Par conséquent, il mit un certain temps avant d'oser à nouveau poser les yeux sur lui, d'un air penaud. Mais ce n'était pas avec son air de chien battu qu'il parviendrait à se faire pardonner, loin de là. Le regard sombre de l'autre Vanhir était une preuve suffisante.

La suite du cours se passa sans encombre, Sebastian ayant laissé sa baguette de côté et délaissé son livre de sortilèges. Il parvint à rester concentré sur ce que disait l'enseignant, prenant des notes de façon appliquée. Non pas qu'il souhaitait se faire pardonner auprès de ce dernier, mais plutôt pour ne pas faire une nouvelle bourde qui l'inscrirait définitivement sur la liste noire de sa victime. Lorsque la fin du cours de potions arriva, Sebastian n'eut même pas le temps d'adresser un mot à cette dernière, qui s'était éclipsée en vitesse. Il attendit que les élèves quittent la pièce pour s'adresser au professeur.

« Monsieur, je suis désolé d'avoir perturbé votre cours et je mérite les deux heures de colle mais pas mon camarade. »

« Il n'était pas attentif, ça lui apprendra à l'être davantage et à se concentrer sur les cours plutôt que sur ce qu'il se passe dans la pièce. » répliqua le sorcier expérimenté.

Le brun soupira, avant de reprendre :

« Mais c'était aussi ma faute si... »

Il s'interrompit en voyant l'enseignant lever le main.

« Stop, je ne veux plus vous entendre. Ce sera deux heures chacun et puis c'est tout. »

Le brun acquiesça, laissant échapper un nouveau soupir, avant de quitter la pièce. Lui aussi, ça lui apprendrait à être moins distrait à l'avenir. Au moins pour la matinée !
Le reste de la journée se passa relativement bien. Aucun autre incident à déplorer, aucun mort. Il faut dire qu'il n'avait plus oser prendre sa baguette. Quant à son camarade, sans grande surprise, il l'évita, se tenant le plus loin de lui possible. Quelle ne fut pas sa surprise cependant lorsque le professeur de potions les obligea à faire leur punition ensemble.

« J’attends de vous de pouvoir exposer à votre classe tout ce que vous pouvez apprendre sur l’Amortentia, puisque c’est un sujet qui a l’air de vous passionner Monsieur Jacobsen. Vous travaillerez en groupe, tous les deux. »

L'adulte insista à nouveau sur la notion « en groupe ». Sans doute percevait-il la réticence du blond à travailler avec la catastrophe ambulante.

« Pas de problème M'sieur pour faire un exposé ! » lança Sebastian.

Généralement, lorsqu'il y avait des travaux de groupe à faire en classe et à présenter, ou lorsqu'à la fin d'un temps d'échange il fallait désigner quelqu'un pour exposer les recherches à l'ensemble de la classe, les personnes les plus timides s'empressaient de se mettre avec lui. Il n'avait aucune appréhension à prendre la parole devant une classe ou devant un grand groupe de personnes, même de parfaits inconnus. Il lui arrivait d'être tantôt sérieux dans ses présentations, tantôt d'humeur blagueuse. Dans les deux cas, il s'en tirait généralement bien, enfin surtout s'il restait sérieux.

Les deux étudiants prirent place à la table désignée par le professeur, sur laquelle il avait posé deux livres très épais. Au bout de quelques minutes, l'adulte s'absenta. Le blond ne perdit pas un instant pour mettre les choses au clair avec le né-moldu.

« N’essaies plus jamais de lancer un sort vers moi et n’essaie pas de rattraper tes erreurs. L’amortentia hein ? Tu sais au moins ce que c’est ? »

Quelque peu gêné, Sebastian ne put s'empêcher de lâcher un rire nerveux et de passer une main dans ses cheveux.

« Ouais, je ne le ferai plus. Enfin j'attendrai d'avoir progressé avant. » répondit-il, d'un ton un peu trop sérieux, avant de reprendre avec amusement : « Je l'ignorais jusqu'à que mon voisin de table m'informe que c'était en fait un philtre d'amour. C'est dingue ce qu'il existe comme potions ! Je devrais peut-être t'en faire un pour que tu me pardonnes. »

À vrai dire, il était tellement confus de ce qu'il s'était passé durant la matinée qu'il essayait l'humour en guide d'excuses. Et probablement que cela ne passerait pas, comme ça, à chaud.

« On fait les recherches ensemble ce soir et on évite de se croiser à l’avenir, ce sera mieux pour nous deux. »

Le plus jeune soupira. Il n'était pas apprécié de tout le monde, comme tout un chacun, et de son côté, il n'avait pas d'atomes crochus avec n'importe qui non plus, mais c'était dommage d'être aussi catégorique sans même lui laisser une chance de se racheter. Cela dit, il comprenait la réaction du jeune sorcier.

« Okay, pas de problème ! »

À l'instar de sa victime accidentelle, il s'empara d'un livre et commença à le feuilleter. Il se mit à commenter ce qu'il lisait ; « Naaan, sans blague, ça existe ça ?! », ou encore « tiens celle-là n'a pas l'air trop compliqué, faudrait que je la teste ». Rapidement, il leva les yeux et fut attiré par des bocaux qui se trouvaient sur la gauche de la salle. Comme toujours, la concentration lui faisait défaut. Après avoir jeté un coup d'œil derrière lui, comme s'il était en mesure de voir le professeur revenir à travers la porte, il se leva pour observer les contenants de plus près. Un sourire ancré sur les lèvres, il analysait chacun d'eux avec, cette fois-ci, une grande attention.

« Il y a des trucs flippants là-dedans ! Tu connais ces ingrédients ? » demanda-t-il en se tournant vers son camarade.

Malgré son humeur peut-être trop joyeuse compte tenu des circonstances, il put ressentir avec aisance l'agacement qui se faisait de plus en plus prégnant pour son camarade. Il décida alors de revenir sagement à sa place et fit son possible pour rester attentif sur l'objet de leurs recherches, que les deux adolescents s'étaient répartis. Le maître des potions ne tarda pas à revenir. Heureusement qu'il n'avait pas vu son élève explorer la pièce quelques instants auparavant. Il n'était pas certain que cela lui aurait plu...
Lorsqu'il resta moins d'une heure de retenue, Sebastian prit la parole :

« Je pense qu'on a assez d'infos, on met en commun ? »

Il saisit le parchemin sur lequel il avait griffonné des notes sans vraiment s'appliquer.
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Re: Ce n'est pas d'une fiole de Felix Felicis dont il aurait besoin, mais d'un océan [Asgeir Nygârd]

Message par Asgeir Nygård »








Ce n'est pas d'une fiole de Felix Felicis dont il aurait besoin, mais d'un océan

Etudier l’Amortentia, cet élixir réputé pour déclencher les coups de foudre, était très tendance chez les adolescents. N’importe quelle jeune fille de l’école aurait rêvé d’être à la place du Nygard. Enfin, presque toutes. Mais le garçon, s’il connaissait le principe de la potion, n’avait personne à faire succomber à ses charmes et éprouvait donc peu d’intérêt à toute cette préparation. Il avait en plus le pressentiment que lui et Sebastian allaient être systématiquement approchés suite à ça pour des conseils pour la concoction du filtre. La barbe !
La mauvaise humeur d’Asgeir risquait de le faire ronchonner au moins jusqu’au lendemain avec tout ça. Il était chonchon le garçon.

– Ouais, je ne le ferais plus. Enfin j’attendrai d’avoir progressé avant.

Au moins le brun semblait comprendre un peu la situation et se rendre compte des effets secondaires liés à son inexpérience. Avec un peu de chance il se tiendrait à carreau pendant un certain moment … Peut-être. As croisait les doigts pour que ça se passe comme ça.

- Je l’ignorais jusqu’à ce que mon voisin de table m’informe que c’était en fait un philtre d’amour. C’est dingue ce qu’il existe comme potions ! Je devrais peut-être t’en faire un jour pour que tu me pardonnes.

Ah non, l’espoir que ses menaces aient eu l’effet escompté venait de s’envoler en quelques fragments de secondes. Il mourrait d’envie de se taper le front avec l’épais grimoire qui leur servait de support pour l’exposé.

-Non merci, je suis pas intéressé par ce genre de philtres. Lachait-il froidement.

Cœur de glace, quand vas-tu te mettre à fondre ? Le blondinet fit mine de se désintéresser de son camarade et commençait déjà à chercher le chapitre sur l’amortentia. Il grattait avec un certain sérieux tout ce qui lui semblait intéressant et nécessaire à la fabrication de la potion. Il ne s’attardait pas du tout sur les détails comme les différentes odeurs préférées des sorcières des années 1950 et ne fit que noter les informations très terres à terres. Les ingrédients, le temps de chauffe, les étapes précises. Tout ce qui était… Chiant, mais important. Il relevait rapidement le regard entre deux lignes vers le brun. Avec grand étonnement, Asgeir remarquait que le brun s’intéressait vraiment au sujet de cette punition, tête dans un livre. Il avait pensé qu’il allait devoir se taper tout le fond de l’exposé pendant que l’autre allait faire le guignol. Voyons ce qu’il allait retenir de sa lecture… Alors qu’il se replongeait lui-même dans son travail, il ne remarquait pas que Sebastian s’était levé.


-Il y’a des trucs flippants là-dedans ! Tu connais ces ingrédients ? Lui demandait le Jacobsen.

Merde, Asgeir relevait très vite la tête vers l’adolescent.

- Touche qu’avec tes yeux, tu ne voudrais pas faire exploser la salle de classe et nous avec, mh ? Grognait-il.

Il disait plus ça pour l’inquiéter et éviter une nouvelle connerie qui allait les mettre dans le jus qu’autre chose. Bien qu’il devait certainement y avoir du fluide explosif ici ou là contenu dans la salle, en l’occurrence ce n’était pas deux paires d’yeux de salamandres qui risquaient de faire du mal. Se méfier de Sebastian et de sa poisse était devenu sa priorité numéro une. Il le suivait du regard jusqu’à ce qu’il revienne à sa place et soupirait d’agacement. Il avait l’impression d’être le grand frère d’un gamin hyperactif. Enfin, hyperactif c’était souvent la fausse excuse. Le vrai terme était plus souvent « chiant et mal élevé ». Allez dire ça à des parents qui voient leurs enfants comme des merveilles.

-Je pense qu’on a assez d’info, on met en commun ?

Ca faisait déjà une heure qu’ils planchaient chacun de leur côté. Il était curieux de voir ce que Sebastian avait compris. Asgeir avait bien capté que le brun était un néophyte en sorcellerie.

- Déjà ? Enfin, oui va y. Montre voir tes notes ? Lui demandait-il avec curiosité.

Concentré sur le devoir, la mauvaise humeur du blond c’était adoucie. Lui-même avait gribouillé des petites formes géométriques ici et là lorsque sa concentration se dissipait, au fil de l’ennui. Il décalait sa chaise pour s’approcher de lui et déposait son propre carnet de note à côté de celui de Seb.

-Tu viens d’une famille moldue, non ? T’as des réactions de non-maj. Lui fit-il remarquer sans arrières pensées.Sans offense.

Dans d’autres circonstances il aurait pu trouver ça assez mignon. Voire charmant. Mais il était pas dans de bonnes circonstances pour penser ça. Il trouvait juste le brun irritant et désespérant. Hm. « Hyperactif ».



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Sebastian Jacobsen
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Re: Ce n'est pas d'une fiole de Felix Felicis dont il aurait besoin, mais d'un océan [Asgeir Nygârd]

Message par Sebastian Jacobsen »

Ce n'est pas d'une fiole de Felix Felicis dont il aurait besoin, mais d'un océan
Comme il s'y attendait, l'humour de Sebastian ne détendait guère son camarade Vanhir, puisqu'il répondait encore une fois avec la froideur à laquelle il avait eu droit à plusieurs reprises aujourd'hui. À juste titre cependant.

« Non merci, je suis pas intéressé par ce genre de philtres. »

Sebastian s'apprêta à prendre à nouveau la parole mais se ravisa. Sans doute ne ferait-il que s'enfoncer davantage, déjà que le blond ne lui portait certainement pas une grande estime. Il réessayerait sans doute ultérieurement de dédramatiser la situation, de lui faire oublier la mésaventure qu'il lui avait causée. Pour l'heure, il fallait qu'il se penche sur les recherches à effectuer à la demande de leur professeur. Il se concentra durant quelques minutes, avant que son regard ne soit attiré par les ingrédients entreposés ici et là, et qu'il profite de l'absence de l'enseignant pour les admirer de plus près. Ce qui ne sembla guère plaire à l'autre adolescent.

« Touche qu’avec tes yeux, tu ne voudrais pas faire exploser la salle de classe et nous avec, mh ? » grognait-il.

« Oui m'man ! » répondit le brun, d'un ton amusé, sans détourner le regard du flacon sur lequel il était concentré.

Pourtant, son imagination ne put s'empêcher de visualiser la scène sous forme de cartoon et il ne put réprimer un petit rire. Mais il n'alla pas plus loin, se contentant de simplement fixer les bocaux sans chercher à les ouvrir et à se saisir de ce qu'ils emprisonnaient. Il avait fait suffisamment de dégâts pour aujourd'hui. Il fut pourtant fortement tenté de s'emparer de l'une des araignées qui se trouvait dans un pot situé en hauteur, s'imaginant déjà la glisser sur l'oreiller de l'un de ses camarades en plein sommeil, avant de venir le chatouiller avec une plume pour qu'il ouvre les yeux et se retrouve nez à nez avec l'arachnide. Mais si l'envie était forte, il n'y cèderait pas. Ce n'était pas un voleur, et même s'il ne se doutait pas qu'il y avait des tas d'autres araignées dans le coin, il ne se servirait pas allègrement. Surtout qu'il ignorait de quelle espèce il s'agissait. Si ça se trouve, elle était venimeuse ! Jamais il ne prendrait un tel risque ; il choisirait une araignée trouvée dans un couloir ou dans une salle de classe. Tout comme jamais il ne ferait cette farce à une personne complètement arachnophobe. Son but n'était pas de traumatiser, uniquement de s'amuser et certainement pas en causant du tort à autrui. Pas si cela pouvait avoir de réelles conséquences. Il avait déjà choisi sa cible, l'un de ses amis avec lequel ils ne cessaient de se chercher, sans méchanceté aucune. Ce dernier n'était pas un phobique des huit pattes, mais il n'en était pas très fan non plus. Alors émerger de son sommeil en tombant sur une créature velue, sans doute que cela ferait son petit effet ! Sebastian devrait alors s'attendre à des insultes et à une vengeance de taille. Qu'importe, cela ne l'empêcherait pas de mette son plan à exécution ! Le fou rire qu'il en tirerait en vaudrait largement la peine.

Ressentant l'agacement du blond s'intensifier, il était sagement revenu à sa place pour se remettre au travail, avec un grand sérieux, peu de temps avant le retour du professeur.
Après un certain temps à avoir griffonné des phrases sur son parchemin, il proposa de mettre en commun les informations que chacun avait noté. Au moins, grâce à la concentration qu'il avait mis en œuvre pour ce travail - dans un second temps en tout cas -, et surtout le fait qu'il soit resté silencieux durant un moment sans doute, son collègue sembla légèrement moins tendu lorsqu'il demanda à lire ses notes. Celui-ci se rapprocha même et déposa son carnet à côté de celui du brun. Des deux, c'était celui qui s'était visiblement le plus appliqué lors de sa prise de notes, bien plus lisible que celle du brun, au point que lorsque celui-ci relut dans sa tête le nom de certains ingrédients qu'il avait lui-même noté, il dût retrouver leur équivalent sur la feuille du blond pour déchiffrer sa propre écriture. Il se mordit la lèvre inférieure, légèrement gêné.

« Tu viens d’une famille moldue, non ? T’as des réactions de non-maj. Sans offense. » l'interrogea-t-il.

Sans offense ? Sebastian se demanda pourquoi il avait ajouté cette précision, il ne voyait là aucune attaque. Être issu d'une famille moldue n'était pas un crime et le blond n'avait émis aucun jugement, aussi il ne pensait pas que derrière cette question se dissimulait des arrières-pensées. Peut-être que d'autres l'auraient effectivement mal pris, mais ce n'était pas son cas. Il était possible qu'il ait des réactions qui suggéraient son origine, ce qui n'était pas péjoratif. Il se demanda tout de même en quoi son comportement lui suggérait qu'il soit un non-maj. Était-ce sa curiosité exacerbée ? Le tour de magie qu'il avait complètement foiré ? De son point de vue, même un sorcier ayant baigné dans ce monde depuis l'enfance aurait pu faire preuve de curiosité ou ne pas parvenir à jeter un sort correctement, s'il débutait son apprentissage. En tout cas, sa question lui suggérait que lui n'était pas un né-moldu.

« Oui, c'est exact. »

Ce n'était pas l'objet de leur travail, mais il souhaitait savoir ce qui avait amené le blond à penser cela.

« De quelles réactions tu parles exactement ? » demanda-t-il avec curiosité.

L'adulte ne tarda pas à jeter un coup d'œil dans leur direction, avant de lâcher un soupir, l'air de dire « vous n'êtes pas là pour jacasser », obligeant les deux jeunes à se recentrer sur leur travail.

« Euhm... Du coup j'ai commencé par un petit paragraphe historique, qui explique la motivation de certains sorciers à avoir voulu créer une telle potion. Enfin je crois qu'il n'y avait pas besoin d'un bouquin pour émettre des hypothèses. » commença le lycanthrope en désignant la première partie sur sa feuille. « J'ai ensuite noté les ingrédients. Douze pétales de rose séchées, une épine de poisson-lion, deux grammes d'ortie en poudre, ... »

Il les énuméra, se servant tantôt de ses notes, tantôt de celles du blond lorsqu'il n'arrivait pas à relire sa propre écriture. Lorsqu'il s'appliquait, sa calligraphie était pourtant élégante.

« J'ai ensuite noté la préparation, puis les effets de la potion. Tu veux me dire ce que tu as noté pour que je compare ? Je ne sais pas si tu arrives à déchiffrer toutes mes phrases... Je ne crois pas avoir oublié de parties importantes, mais si tu en as une autre, n'hésites pas à me le dire. » déclara-t-il.

Au moins, les deux adolescents n'auraient pas besoin de travailler sur le sujet à un autre moment pour finaliser leur exposé. Non pas que cela aurait dérangé le brun, mais sans doute que son camarade n'avait pas spécialement envie, pour ne pas dire pas du tout, de le retrouver à un autre moment. Il avait été plutôt clair : à l'avenir, il ne valait mieux pas qu'ils se croisent. Même si ce n'était pas cela qui empêcherait Sebastian de tenter une autre approche pour se faire pardonner.
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Re: Ce n'est pas d'une fiole de Felix Felicis dont il aurait besoin, mais d'un océan [Asgeir Nygârd]

Message par Asgeir Nygård »








Ce n'est pas d'une fiole de Felix Felicis dont il aurait besoin, mais d'un océan

Asgeir se souvenait très bien de la première fois que son père l’avait autorisé à venir dans la pièce où ils concoctaient les potions. Bien plus petite que la salle de classe et bien plus sombre, de haut de ses dix ans il avait plutôt eu l’impression d’entrer dans une pièce où l’on faisait des rites tordus plutôt que des baumes et des antidotes. Il y’avait cet affreux crâne de Grapcorne accroché tel un trophée sur le mur en face de l’entrée. Il l’avait immédiatement détesté. Il se rappelait aussi à quel point il trouvait la plupart des ingrédients aussi terrifiants que fascinants. Il avait eu dix milles questions à la minutes qui se bousculaient dans sa tête sur la façon dont on se servait des ingrédients, comment on les nommait, pourquoi doit on les garder dans des bocaux ou des boîtes mais une seule avait réussi à passer la barrière de ses lèvres : “Pourquoi doit-on tuer des animaux pour juste faire des potions ?”. Son père l’avait regardé si sévèrement qu’il avait cru se pétrifier sur place. Il n’avait plus jamais essayé de poser une question concernant les potions et depuis se contentait de suivre les instructions du mieux qu’il le pouvait. Au contraire de ses aînés il ne s'était jamais pris de passion pour une matière magique en particulier et n’avait jamais excellé dans quelque chose. Au final il ne savait que poser des questions honteuses, lire des bouquins sans intérêts et libérer les quelques araignées et crapeaux retenus en tant qu’ingrédients. Ces souvenirs lui laissaient un goût amer dans la bouche.
Heureusement à ce moment-là ils ne discutaient pas de sa famille mais de celle de Sebastian. Et par chance le plus jeune ne s’était pas offusqué de sa question qui pouvait être un posée un peu maladroitement.

-De quelles réactions tu parles exactement ?

Devait-il vraiment lui dire qu’il ouvrait les yeux grands comme une balle de tennis à chaque nouvel objet magique qu’on lui présentait ? S’il ne venait pas d’une famille moldue, il était un sang-mêlé à qui on avait caché beaucoup de choses que la plupart des né-sorciers avaient déjà cotoyés depuis leur plus tendre enfance.

- J’sais pas, tu regarde ta baguette faire des siennes comme si c’est la première fois que t’en tiens une et que tu l’utilise. Lui chuchotait-il tout bas pour ne pas se reprendre un autre regard noir du prof ou une prolongation de l’heure de colle.

Il coupait tout de même court à cette conversation en se reconcentrant sur leurs deux cahiers de notes posés l’un à côté de l’autre et laissait Sebastian synthétiser ce qu’il avait pu apprendre sur le philtre d’amour.

-Euhm... Du coup j'ai commencé par un petit paragraphe historique, qui explique la motivation de certains sorciers à avoir voulu créer une telle potion. Enfin je crois qu'il n'y avait pas besoin d'un bouquin pour émettre des hypothèses.

Sa dernière remarque lui décrispait un peu les traits. Il espérait secrètement qu’il fasse vraiment des remarques comme celle-ci lorsqu’ils devraient présenter leur sujet, juste pour faire chier le professeur de potion mais sans qu’il puisse retirer des points à leur caste. Il ne le relevait pas pour autant au brun, il avait bien trop peur de le pousser à aller beaucoup trop loin.

-J'ai ensuite noté les ingrédients. Douze pétales de rose séchées, une épine de poisson-lion, deux grammes d'ortie en poudre, …

Tous les ingrédients semblaient déjà être listés avec précision, ce qui était l’essentiel de leur sujet de recherche. Bien que les notes de Seb soient plutôt brouillons, tout y était. Ça surprenait beaucoup le Nygard, mais pas en mal. Il acquiesça silencieusement sur ce qu’il énumérait.

-J'ai ensuite noté la préparation, puis les effets de la potion. Tu veux me dire ce que tu as noté pour que je compare ? Je ne sais pas si tu arrives à déchiffrer toutes mes phrases... Je ne crois pas avoir oublié de parties importantes, mais si tu en as une autre, n'hésites pas à me le dire.

-Je pense qu’on a presque la même chose. J’ai juste noté en plus que c’est une potion qui se fait en deux temps, il faut la laisser reposer 9 jours dans un endroit sec et sombre avant de passer à la dernière étape où on ajoute les œufs de serpentcendre. Et que si la potion est ratée elle a l’effet inverse sur la personne à qui tu la donne : Elle va te détester et t’harceler violemment dès qu’elle te voit.

Et parce qu’elles demandaient tellement de patience et de minutie, il y’avait très peu de bon philtre d’amour qui existaient sur le marché et beaucoup étaient des arnaques. Il fallait vraiment être désespéré pour vouloir en faire boire à son crush.

Il jetait un coup d'œil derrière lui en direction du professeur et remarquait qu’il les tenait particulièrement à l'œil. Il détestait se faire épier comme un bambin dans une garderie. Il restait qu’une trentaine de minutes avant la fin de leur punition. Juste le temps qu’ils mettent au propre leurs notes et qu’ils se distribuent les tâches.

- On se partage le texte en deux : Tu fais l’introduction et la partie sur les ingrédients et je parle des étapes de la concoction et des effets si réussi ou raté, ça te vas ?

Ce n’était pas vraiment une question au final, Asgeir n’attendait pas d’autre réponse qu’une approbation. Et il ne lui avait pas adressé un seul regard lors de la proposition. Tout son corps, droit comme un i dans sa chaise, avec des manières très distantes qui ne refletaient qu’une seule chose : C’était comme ça et t’avais pas ton mot à dire. Il voulait juste se débarrasser vite fait bien fait de cette tâche et retourner dans un endroit qu’il considérait encore comme sûr et loin de Sebastian : Sa chambre.


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