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Confronté à la roche, le ruisseau l'emporte toujours, non par la force, mais par la persévérance [Emelïa Hørn] [Terminé]

Posté : jeu. avr. 22, 2021 6:17 pm
par Sebastian Jacobsen
Confronté à la roche, le ruisseau l'emporte toujours, non par la force, mais par la persévérance
Voilà qu'une première semaine de cours s'écoulait déjà. Hormis le premier jour durant lequel Sebastian s'était attiré les foudres d'un autre Vanhir, qui s'était avéré être son camarade de dortoir – dont le lit était à côté du sien qui plus est –, les journées suivantes s'étaient relativement bien passées. Il avait pu découvrir quasiment l'ensemble des cours de première année. Comme il s'y attendait, il appréciait beaucoup celui des sortilèges, enchantements et maléfices, même si étonnement - ou non -, personne n'avait osé se mettre à côté de lui, ainsi que la métamorphose et la botanique. Nul doute que le cours des potions lui plairait également, même s'il n'avait pas été attentif lors de la première leçon. Sa préférence allait néanmoins, sans grande surprise, aux cours consacrés aux créatures magiques. Pour l'instant, il n'avait eu qu'un cours théorique, mais il avait hâte de passer à la pratique et de découvrir les animaux que cachait le monde des sorciers. Il avait d'ailleurs déjà pris de l'avance dans la lecture du livre consacré à cette matière. Il s'était déjà mis en tête de partir à la recherche de niffleurs, de licornes ou encore de gytrashs. Il avait d'ailleurs déjà commencé à rassembler quelques objets brillants, qu'il viendrait bientôt déposer dans la forêt aux alentours de l'école, afin d'attirer un ou deux niffleurs. Ses camarades de dortoir ne lui avaient posé aucune question quand ils l'avaient aperçu venir dans la chambre avec des couverts d'argent dans les mains et d'autres objets de ce type, déjà habitués à ses drôles de lubies. Son but n'était que d'observer ces créatures, il n'avait aucunement l'intention de les capturer, et encore moins de leur faire du mal. Il n'était pas chose aisée que de le faire sortir de ses gonds, mais s'en prendre à un animal était une raison suffisante. Il n'était certes pas végétarien, mais la maltraitance animale lui était intolérable. Les peu de fois où il avait pu faire preuve de violence – volontaire, nous ne parlerons pas de celle innée de la créature sommeillant en lui –, les trois quart du temps c'est parce qu'un animal était en jeu. Il les trouvait tous plus intéressants les uns que les autres à observer, les jugeant moins cruels que les humains. Durant sa jeunesse, il avait eu pour rêve de devenir vétérinaire, mais il savait que les études étaient longues et difficiles, et que ce métier requerrait d'importantes capacités de concentration. Il ne pouvait pas se permettre d'observer une mouche voler en pleine opération. Sur ce point, il aurait eu énormément de travail. Enfin, à présent, avec sa nouvelle vie, ce rêve n'était plus d'actualité. Peut-être y avait-il cependant un équivalent dans le monde sorcier ? En tout cas, de ce qu'il avait compris du premier cours, de nombreux métiers pouvaient être exercés auprès des animaux magiques. Sans doute en trouverait-il un qui lui correspondrait et qui ne rentrerait pas en conflit avec sa nature de lycanthrope.

Quoi qu'il en soit, ce n'était pas sur ce sujet qu'il était actuellement concentré, mais sur les sortilèges. Au vu des dégâts qu'il avait fait le premier jour, il en avait conclu qu'il n'avait pas de prédispositions dans cette matière et qu'il allait devoir la travailler d'arrache-pied. C'est pourquoi il avait décidé de débuter l'entraînement, bien que le samedi pointait à peine le bout de son nez. Il avait demandé à deux ou trois personnes avec lesquelles il avait sympathisé si l'une d'elles souhaitait l'accompagner ; mais l'une devint blafarde à cette proposition, l'autre avait souhaité prolonger sa grasse matinée et la dernière préféra se rendre à la bibliothèque. L'adolescent ne se vexa nullement. Après tout, il pouvait très bien rester quelques heures tout seul. S'il était ultra social et qu'il ne pouvait s'isoler trop longtemps au risque de se torturer l'esprit de mille questions, ce n'était pas quelques heures qui lui posaient problème, loin de là. Il avait décidé de se rendre dans le parc de l'école, plus précisément à son extrémité, à cheval sur la forêt. Non pas qu'il souhaitait se cacher de la vue des autres en cas d'échec, mais il craignait de porter malheur à l'un de ses camarades, comme ce fut le cas le premier jour. En outre, il appréciait l'odeur de la nature, observer ce qu'elle tramait. Bien que dans le cas présent, il se devait de faire preuve de concentration. Il était suffisamment volontaire pour y parvenir.

Il avait emporté avec lui son livre de sortilège, dans lequel étaient notamment répertoriés les sorts que les élèves débutants pouvaient apprendre. Il y avait par exemple le sortilège de lévitation, dont la formule était Wingardium Leviosa. Il hésita à commencer par celle-ci, ou à se focaliser sur le premier sort qu'il avait voulu lancer : Tergeo. Il pourrait à la limite essayer de dégager la terre qui se trouvait au bas d'un arbre face à lui. Il n'y avait personne autour de lui, que risquait-il ? Il pointa alors sa baguette en direction de la terre, qu'il fixa d'un regard sûr, avant de prononcer distinctement :

« Tergeo ! »

Comme si à la place du geste de la baguette c'était une grenade qu'il avait envoyée, la terre fut projetée dans tous les sens.

« Argh... » ronchonna-t-il, après s'en être pris dans les yeux.

Mais il en fallait beaucoup plus pour le démotiver. Il répéta le geste et l'incantation. Cette fois-ci, c'est de l'écorce qui se détacha et vint le heurter. Pourtant, au lieu d'un soupir, c'est un sourire qui anima son visage.

« J'ai vraiment du pain sur la planche... » murmura-t-il pour lui-même.

Alors qu'il se prépara pour une troisième tentative, il entendit une branche craquer derrière lui. Il se retourna et reconnut l'une de ses camarades de caste, avec laquelle il n'avait encore jamais échangé.

« Oh, salut ! Pitié, dis-moi que tu ne t'es pas pris de la terre ou de l'écorche dans la tronche ! Si c'est le cas, je suis désolé ! » dit-il avec sincérité et amusement en même temps, passant une main dans ses cheveux ébouriffés.
Ft. Emelïa Hørn

Re: Confronté à la roche, le ruisseau l'emporte toujours, non par la force, mais par la persévérance [Emelïa Hørn]

Posté : sam. avr. 24, 2021 11:31 pm
par Emelïa Hørn







Confronté à la roche...

J'étais encore sur mon petit nuage de cette magnifique rencontre avec Magnus la veille. Il n'avait cessé de hanter mes pensées depuis que nous nous étions quittés au pied d'un arbre après un dernier regard empli de tendresse et sous entendu, nous allions bientôt nous revoir, j'en étais certaine, et cette pensée emplissait mon cœur... La nuit fut douce, j'avais rêvé de ce moment avec lui et de la rencontre avec ma mère. C'était donc tout naturellement que le début de journée avait été idyllique. Pour une fois je souriais...

Ma matinée fut des plus calmes, je ne voulais pas vraiment m'approcher des autres et risquer de perdre mon sourire et ma bonne humeur, préférant m'enfermer seule à la bibliothèque pour étudier. J'avais quelques lacunes, surtout en sortilèges et je devais tenter de rattraper les autres élèves. Je savais que je ne pourrais pas le faire en quelques jours ou quelques semaines, les choses demandaient beaucoup de temps mais j'avais les épaules assez large pour y arriver. Je n'étais pas une catastrophe, si ? J'avais peut-être brulé quelques objets, tué une plante en botanique et fait fuir une dizaine de Botruc mais tout de même, il devait y avoir dans le monde des sorciers des adolescents pires que moi. Je l'espérais.

Un livre sous le coude et vêtue d'une tenue simple je quittais ma place bien chaude pour aller faire un tour et enfin me changer les idées. Le parc ou le lac ? Je verrais bien ou mes pieds m'emmèneraient et peut-être que par chance, je me retrouverais à nouveau proche de quelqu'un que je connaissais ici. Tant que ce n'était pas Oddmund tout irait bien !

Ma matinée plongée dans mes recherches je n'avais pas remarqué qu'il faisait encore chaud et le soleil extérieur venait à éblouir alors que je marchais dans le parc. Plus je passais de temps dans cette école et plus je me sentais vivante. C'est étrange comme sensation, comment, après des années à vivre caché dans l'ombre de ma mère et enfermé dans une cage doré je reprenais petit à petit gout à la vie et au monde extérieur.

" Quelle journée merveilleuse... "

Je parlais seule, c'était peut-être un défaut finalement, mais j'en avais l'habitude depuis tant d'années que je ne sais pas si je pourrais un jour arrêter de le faire. Sans réellement m'en rendre compte mes pieds venaient à me mener jusqu'à la limite du parc et alors que je relevais les yeux vers un magnifique pin haut de plusieurs dizaine de mètre je sentis quelque chose venir toucher ma jambe. Je la secouais alors pensant qu'un animal venait de s'y accrocher.

" Oust ! "

Baissant les yeux sur mon pantalon je remarquais un amas de terre boueuse et une tache marron, me faisant alors perdre mon sourire. Un garçon vint à s'excuser alors que je me penchais pour nettoyer mes vêtements, visiblement cette attaque n'était pas voulue.

" Ce n'est rien... je vais bien. Je t'ai dérangé, je repars vite. "

Sans réellement lui laisser le temps de répondre je me tournais pour partir sauf que finalement je tombais au sol en glissant sur une grosse racine qu'il avait déterré avec son sortilège.

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Re: Confronté à la roche, le ruisseau l'emporte toujours, non par la force, mais par la persévérance [Emelïa Hørn]

Posté : dim. avr. 25, 2021 3:18 pm
par Sebastian Jacobsen
Confronté à la roche, le ruisseau l'emporte toujours, non par la force, mais par la persévérance
Bien que Sebastian s'accordait parfaitement avec sa baguette par rapport à sa composition, dont la symbolique du bois était à l'image de son esprit, on ne pouvait pas dire pour l'instant qu'elle et lui arrivaient à établir une réelle connexion quand il s'agissait de lancer des sortilèges. Tout ce qu'il avait réussi à faire, c'était de projeter de la boue et des écorces. Enfin, au moins il n'y avait personne pour subir ses sorts ratés, tout du moins c'est ce qu'il croyait lorsqu'il entendit une branche craquer derrière lui, l'obligeant à se retourner. C'était une autre Vanhir, mais il n'avait encore jamais échangé avec elle. Machinalement, il se pinça les lèvres et s'excusa pour les éléments projetés, qui avaient visiblement sali le pantalon la demoiselle. Décidément, allait-il abîmer tous les vêtements de ses camarades ?

« Ce n'est rien... Je vais bien. Je t'ai dérangé, je repars vite. » lâcha la jeune femme qui se tournait déjà pour mettre ses mots à exécution.

Mais l'instant d'après, elle glissa sur une grosse racine que Sebastian avait visiblement déterré, sans s'en apercevoir. C'était quand même fort ; puisque visiblement son sort avait agi derrière lui également alors qu'il avait visé la terre se trouvant devant lui. Il se précipita vers la sorcière.

« Oh non, mince, vraiment vraiment désolé ! Je n'avais même pas vu que j'avais fait ça. » s'excusa-t-il.

Il lui tendit la main pour l'aider à se relever.

« Tu n'as rien j'espère ? J'étais venu ici pour m'entraîner à lancer des sortilèges sans risquer de blesser quelqu'un mais j'aurais peut-être dû m'enfoncer davantage dans la forêt. » dit-il. « C'est un peu la catastrophe, haha. Je n'arrive pas à lancer le moindre sort sans faire de dégâts. Encore si j'en faisais mais que ça avait l'effet escompté... Là y a que les dégâts. Tergeo est censé être un sort de nettoyage mais je fous que davantage de bordel. »

Il se mit à rire à gorge déployée.

« Heureusement que j'ai commencé avec celui-ci plutôt que le sortilège de lévitation... Je me demande bien ce qu'il se serait passé ! »

Il s'imagina d'abord décoller du sol sans savoir redescendre - quoiqu'il serait presque certain qu'il aurait trouvé cela cool et se serait écrié « génial je fais comme Peter Pan ! ». Un large sourire se dessina sur ses lèvres alors qu'il rêvait déjà de survoler les arbres et de sentir le vent caresser son visage, jusqu'à ce qu'il imagine un autre scénario, bien moins joyeux : un arbre qui se serait déraciné et qui viendrait s'abattre sur des élèves, sans qu'il ne puisse rien faire. Il frissonna à cette idée. Enfin, la dernière image qui lui vint à l'esprit fut le château qui commençait à léviter. Sans doute que tout cela n'était pas possible, mais il était bien content de ne pas avoir essayé maintenant qu'il voyait à quel point il galérait déjà avec un sort aussi simple que Tergeo.

« Tu n'aurais pas des conseils à me donner ? Je n'ai jamais pratiqué la magie auparavant. Les seules fois où elle s'est manifestée, je ne sais même pas comment que c'est arrivé ! » poursuivit-il d'un ton plus sérieux.

Il n'avait en effet jamais vraiment réussi à contrôler sa magie, elle s'était souvent manifestée sous le coup de l'émotion, or, pour un contrôle parfait, l'émotion n'avait plus à interagir dans l'équation à présent. À une ou deux reprises peut-être il avait réussi à la maîtriser, notamment lorsque son frère et lui avaient perdu l'objet avec lequel ils s'amusaient sur un terrain surveillé par deux gros chiens. Avec de la concentration, il était parvenu à faire revenir l'objet jusqu'à lui, sans aucun dommage collatéral. Mais d'après ce qu'il voyait à présent, cela avait plutôt été un coup de chance. Il avait beau faire preuve de concentration, sa baguette faisait des siennes. Quoi qu'il doutait que le problème vienne d'elle. Entre des mains expertes, les sorts auraient été parfaitement maîtrisés, il en était persuadé.
Dans tous les cas, il n'hésiterait pas à se renseigner auprès de son professeur directement, mais il souhaitait d'abord essayer de lui-même. Non pas par fierté, il n'avait aucun problème à demander de l'aide à autrui, mais il n'allait pas déjà "embêter" l'enseignant après le premier cours. Il attendrait le deuxième, ou le troisième !
Ft. Emelïa Hørn

Re: Confronté à la roche, le ruisseau l'emporte toujours, non par la force, mais par la persévérance [Emelïa Hørn]

Posté : mer. avr. 28, 2021 11:48 am
par Emelïa Hørn







Confronté à la roche...

La journée qui commençait si bien venait à prendre un tournant totalement inattendu. Pourquoi donc je ne pouvais pas avoir un peut de répits dans ce monde ? Moi qui avait enfin retrouvé le sourire je me replongeais dans mon habituelle mutisme, revêtant à présent un visage neutre et mes yeux ne trompant aucune de mes émotions, j'étais peiné... Après cette malencontreuse rencontre, il n'y avait réellement aucune raison pour que je me décide à rester ici. Moi, la petite nana blonde, j'étais bien mieux ailleurs qu'ici, et puis si je restais je finirais surement totalement enseveli sous un amas de terre et personne ne me retrouverais jamais ! Brrr... Je frissonnais à cette idée, ne voulant pas que le garçon me prenne pour un sujet d'expérience et je partais donc. Seulement sous la panique je venais de glisser au sol et la douleur de ma cheville se fit immédiatement ressentir, une jolie entorse venait de naitre dans ma peau et je serrais des dents en posant ma main sur celle-ci. J'avais envie de fuir à nouveau et de partir m'enterrer dans le trou qu'il avait commencer à creuser mais au lieu de ça j'étais assise dans l'herbe. Il aurait pu simplement reprendre ses expériences et me laisser ici mais le garçon des plus galant c'était penché pour me tendre la main et ainsi m'aider à me remettre sur mes deux pieds.

Face à lui j'ouvris la bouche, désirant m'excuser à nouveau mais il parlait déjà et je fini par refermer les lèvres en plongeant mes yeux noisettes dans les siens. Je l'admirais, simplement, me demandant si je le connaissais car son visage ne m'était pas inconnu. Je regardais ensuite le reste de sa tête, son nez, ses lèvres et ses cheveux, fronçant alors les sourcils. Je me souvenais maintenant l'avoir déjà croisé une ou deux fois dans l'école puis presque tous les jours dans notre dortoir. C'était un de mes camarades Vanhir, j'en étais presque certaine. J'adoucis alors mon visage, respirant plus calmement, tentant de ne pas me montrer trop timide mais la réalité était bien différente. J'avais les joues rosés à cause de la douleur qui montait désormais dans toute ma jambe.

" Je... Je me suis peut-être tordue la cheville en tombant... "

Par reflexe je tendis ma jambe, voulant faire tourner ma cheville et vérifier que rien n'était cassé mais sous une douleur des plus poignante je m'accrochais à mon camarade pour ne pas tomber et avoir ainsi plus de stabilité. Me voila donc debout, mes mains posés sur ses bras et une grimace de douleur. Les autres auraient surement rit de note situation mais j'avais trop mal pour même penser à notre rapprochement.

" Aie... "

Je lui montrais au loin un banc et je sautais à cloche pied accroché à son bras pour ne pas poser mon deuxième appuis au sol afin que nous nous dirigions vers mon lieu de repos. Posé sur mes fesses je me sentais déjà plus sereine, je ne risquais plus de tomber et j'avais pu le lâcher afin de défaire ma bottine noir. Je constatais que ma peau avait totalement rougit, tirant sur le bleu et que le résultat de la chute était plus important que je ne le pensais. Il n'avait rien remarqué de ma jambe puisqu'il était tourné vers l'arbre qu'il avait malmené plus tôt, m'expliquant alors avoir quelques difficultés avec la magie.

" Je vois ce que tu veux dire, pour moi tout ceci est nouveau. Je ne connaissais rien de la magie avant d'atterrir ici. C'est... Enfin il y a tellement de choses à apprendre. Les autres sont dans leurs éléments alors que moi je suis juste... Je suis de trop. Je voudrais bien t'aider mais je suis encore plus en difficulté que toi je crois ! "

C'était bien réel, je ne me sentais pas toujours à ma place. L'école était merveilleuse, les lieux m'accueillaient à bras ouvert mais ce n'était pas une université comme les autres et les sorciers que je côtoyais au quotidien avaient été bercé dans la magie depuis tout petit, moi je tombais seulement dedans. Je ne pensais pas pouvoir un jour rattraper leurs niveau de connaissance, j'avais beau faire moult et moult efforts pour cela, me plonger dans mes lectures, écrire et tenter de comprendre le monde qui m'entourait et y trouver ma place, la réalité était différente de mes rêves.

Son rire fut contagieux, surement la descente de l'adrénaline dut à ma chute mais je riais avec lui en regardant également l'arbre. Le pauvre avait été malmené, mais ce n'était visiblement pas le souhait du sorcier. Donc nous étions deux ici à ne pas pouvoir maitriser correctement nos pouvoirs. Je me sentais un peut moins seule et malgré la douleur je lui donnais un sourire avant de tendre ma main vers lui, un autre allié ici ne serait pas de refus.

" Je m'appelle Emelïa Horn, et toi ? Je sais qu'on est tous les deux des Vanhir mais on a pas eu le temps de se saluer vraiment... "

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Re: Confronté à la roche, le ruisseau l'emporte toujours, non par la force, mais par la persévérance [Emelïa Hørn]

Posté : dim. mai 02, 2021 2:57 pm
par Sebastian Jacobsen
Confronté à la roche, le ruisseau l'emporte toujours, non par la force, mais par la persévérance
Une chemise détruire, un bouquin abîmé, et maintenant une demoiselle blessée. Les dégâts allaient de mal en pis. Qu'est-ce que ce serait la prochaine fois ? Un cadavre à ses pieds ? Il fallait vraiment que Sebastian s'assure que personne ne viendrait l'interrompre s'il décidait de s'entraîner. Il ne voulait pas causer de dommages à qui que ce soit, même si c'était un peu tard pour cela. Il en causait, sans le vouloir, depuis son plus jeune âge ! Il s'était précipité vers sa victime accidentelle, après qu'elle ne soit tombée. Il l'aida à se relever, espérant qu'elle ne se soit pas fait mal. C'était raté, autant que son sort.

« Je... Je me suis peut-être tordue la cheville en tombant... » déclara la Vanhir.

Machinalement, Sebastian se pinça les lèvres, confus. Cela n'était ni la première, et serait ni la dernière fois que ce genre d'incident lui arriverait. Loin de là ! Peut-être même y en aurait-il un autre au cours de la journée. La jeune femme resserra sa prise sur les bras de l'adolescent, qui s'en voulut d'autant plus. Elle semblait avoir réellement mal et une grimace de douleur, suivie d'une plainte, vinrent bientôt le lui confirmer. Elle lui désigna un banc non loin de là. Agrippée à son camarade, elle parvint à s'y rendre tant bien que mal.

« Si tu veux je t'amène à l'infirmerie, ou je peux même chercher l'infirmier. » proposa Sebastian d'une voix confuse à peine fut-elle assise, cherchant à se rattraper.

Une chose était certaine, il ne tenterait pas un quelconque sort pour la soigner. D'une part, il n'en connaissait aucun, d'autre part, quand bien même il en aurait connu un, il risquait d'aggraver la situation. Peut-être que la jambe de la sorcière se briserait entièrement, ou bien qu'elle serait amputée. Pas question de prendre le moindre risque. Il s'excusa à nouveau et fit part, sans honte aucune, de ses difficultés à jeter un sort. Sans doute l'aurait-elle remarqué sans qu'il n'eut besoin de le dire cependant.

« Je vois ce que tu veux dire, pour moi tout ceci est nouveau. Je ne connaissais rien de la magie avant d'atterrir ici. C'est... Enfin il y a tellement de choses à apprendre. Les autres sont dans leurs éléments alors que moi je suis juste... Je suis de trop. Je voudrais bien t'aider mais je suis encore plus en difficulté que toi je crois ! »

Sebastian l'écouta avec curiosité. Venait-elle, elle aussi, d'une famille moldue ? En tout cas, il était sûr d'une chose, c'était qu'elle n'était pas de trop et il le lui ferait comprendre. Et aussi, qu'elle n'était sans doute pas plus en difficulté que lui.

« Bienvenue au club ! Tu viens d'une famille moldue ? » demanda-t-il avec intérêt et sans appréhension. « Comme tu le dis, nous sommes là pour apprendre. Les autres connaissent peut-être ce monde mieux que nous pour l'instant, mais ne sont pas forcément plus doués pour lancer un sort ou pour planter un végétal un peu particulier. Quand bien même, ils ont peut-être mis des années à apprendre un sort simple, ce qui ne voudra pas dire que tu mettras autant de temps. Chacun est différent et progresse à son rythme et ce, dans chaque matière. » poursuivit-il, la voix presque emprunte de sagesse.

Que ce soit dans la scolarité moldue ou sorcière, les choses devaient se passer de la même manière. Il y avait peut-être quelques prédispositions selon le milieu familial, et encore, mais rien n'était figé. Sans doute y avait-il plus d'un cancre qui finalement s'était élevé dans les plus hauts rangs de la société. Il fallait simplement se donner les moyens d'atteindre ses objectifs, comme il avait souhaité le faire en cet instant en s'entraînant aux sortilèges. Et si jamais le but n'était pas atteignable, car la persévérance était parfois insuffisante, il en restait conscient, cela ne voulait pas dire qu'il n'y avait pas d'autres finalités qui s'en approchaient. Sebastian était plutôt de ceux qui voyaient le verre à moitié plein, ou qui s'efforçaient d'envisager les choses sous un angle positif la plupart du temps, même s'il avait ses moments où le verre lui semblait plutôt à moitié vide. Instants qu'il préférait cacher aux yeux des autres, ou masquer à son propre esprit en s'entourant.

« Par contre, je doute que tu sois plus en difficulté que moi ! » rit-il.

Visiblement, l'humeur joviale du brun sembla se déteindre sur son interlocutrice, qui se détendit, se permettant un sourire.

« Je m'appelle Emelïa Horn, et toi ? Je sais qu'on est tous les deux des Vanhir mais on a pas eu le temps de se saluer vraiment... » se présenta-t-elle, lui tendant la main.

L'adolescent l'empoigna fermement mais délicatement - il lui avait déjà fait mal au pied, il n'allait pas encore lui broyer la main -, officialisant cette rencontre de façon formelle.

« Moi c'est Sebastian Jacobsen. Mais tu peux m'appeler Seb', ou "l'imbécile qui m'a blessée", ou... Peu importe en fait haha ! C'est vrai, il y a tellement d'élèves et avec les cours je n'ai pas encore eu le temps de parler à tout le monde. Je ne suis pas fier de t'avoir blessée, mais je suis quand même content que ça ait pu mener à ce qu'on se rencontre ! » répondit-il, un sourire sincère sur le visage.

Il appréciait faire de nouvelles rencontres, du moins lorsqu'elles ne se terminaient pas par des hostilités. Bien qu'il était arrivé récemment, ce scénario était déjà arrivé. De par sa maladresse, ce qui pouvait ainsi être justifié, ou de par son sang, ce qui, à son sens, ne l'était pas. Ici ou ailleurs, il savait que toutes les personnes n'étaient pas bienveillantes. Même s'il avait tendance à minimiser parfois les défauts ou à vouloir faire ressortir ce qu'il y avait de meilleur chez les autres, il n'était pas dupe ou aussi stupide que certains le croyaient. Mais cela lui était bien égal qu'on pense ce genre de choses à son sujet.
Posant un instant son regard sur la cheville endolorie de la blonde avant de la fixer dans les yeux, il reprit la parole, une proposition lui brûlant les lèvres.

« Si tu veux, on pourrait s'entraîner ensemble ? Bon pas là, tout de suite, t'es pas en état puis je pense que ce serait trop dangereux hahaha, mais on pourrait commencer par discuter avec le prof ensemble pour qu'il nous donne des conseils, et ensuite on passerait à la pratique ! Mais à bonne distance dans un premier temps. Et peut-être avec un mur de béton entre nous haha. Qu'en dis-tu ? » s'enthousiasma-t-il.

Au moins, ils pourraient s'encourager mutuellement, bien que le lycanthrope n'avait pas besoin d'un soutien pour se motiver et persévérer. Pas sur ce versant en tout cas. Mais il serait ravi d'avoir une camarade d'entraînement !
Ft. Emelïa Hørn

Re: Confronté à la roche, le ruisseau l'emporte toujours, non par la force, mais par la persévérance [Emelïa Hørn]

Posté : lun. mai 10, 2021 9:43 pm
par Emelïa Hørn







Confronté à la roche...

Mais qu'elle journée ! Elle commençait si bien et pourtant mon sourire avait laissé place à une grimace de douleur... Après sa gracieuse aide je me retrouvais assise sur un banc, pouvant alors lâcher totalement prise et laisser couler quelques larmes de douleurs que je ne pouvais plus retenir plus longtemps. Je pleurais en silence cependant, tentant de chasser le souvenir de ma triste chute. Désormais en totale sécurité sans avoir à prendre appuie sur le jeune Vanhir, je pouvais respirer et ainsi me laisser aller. Je venais ensuite masser doucement mon pied et ma cheville douloureuse, celle-ci rougie par la blessure de ma chute ridicule.

Il me proposa de m'emmener jusqu'à l'infirmerie mais je ne voulais pas abuser plus de son temps et surtout je craignais de devoir faire face à la magie des autres. Boire une potions visqueuse verte me fit grimacer et je secouais négativement la tête en signe de réponse à sa question.

" Ho.. Non... Ca devrait aller... Enfin je crois. "

Non, je savais qu'une poche de glace serait le minimum pour apaiser un peut ma peau mais je sentais déjà le gout horrible de la bave de crapaud qui coulait dans ma gorge accentué par l'odeur immonde des plantes médicinales. Non, il était plus sage de rester ici et de laisser le temps arranger les choses. Ce raisonnement était surement stupide et mon père aurait élevé la voix en me voyant ainsi mais tant pis, j'assumerais mes actes. Si @Magnus Karlsson venait à passer et me voir ici je crois que lui aussi élèverais la voix en fronçant les sourcils... Par sécurité je relevais la tête et le regard pour vérifier à droite et à gauche que personne ne s'approche de nous mais nous étions légèrement reculé du parc et personne ne nous trouverait ici.

La discussion devenait plus intéressante puisqu'elle ne tournait plus uniquement autours de moi et j'en apprenais plus que le Vanhir qui se trouvait en face de moi. Je poussais un léger soupire de soulagement en comprenant que je n'étais pas la seule élèves issues d'une famille de moldus. La réalité était légèrement différente et j'hésitais à la partager avec lui. Je l'écoutais tenter de justifier de notre magie très approximative et ceci me tira un petit rire.

" Oui... Tu as peut-être raison. J'aimerais vraiment un jour être à leurs niveaux mais je doute quand même... Oui, ma mère est une moldu et mon père un sorcier mais... Il était pas vraiment présent pour moi alors je le connais à peine... Franchement tout ceci est dingue, je n'aurais jamais imaginé qu'il existe des écoles comme celle-ci... Et toi ? Tes parents ne pratiquent aucune magie ? Nous sommes des catastrophes tous les deux alors ! Car je suis une vraie calamité avec ma baguette... "

Je regardais la main qu'il me tendait et avec douceur je venais y déposer la mienne afin de la serrer poliment, sans forcer, utilisant une légère et douce pression sur sa peau. Je reprenais ensuite ma main pour venir remettre ma petite bottine et ainsi sauver le peut de dignité qu'il me restait encore dans cette école.

" Haha ! (petit rire) Seb, je t'appellerais Seb. Mais la prochaine fois que tu cherches à te faire des amis essaie de ne pas les enterrer vivant. Il parait que ça aide. "

Puis, pour finalement faire retomber tout la pression qui existant encore en moi j'explosais totalement de rire avant de poser ma main sur ma bouche comme pour m'excuser, rougissant totalement. Je n'étais pas habitué à montrer mes sentiments aussi facilement et je me sentais légèrement gênée de le faire devant lui, nous nous connaissions à peine. Doucement je revenais à moi même et je posais mes yeux dans les siens en souriant timidement.

" Oui, avec grand plaisir. Nous pourrions nous donnez rendez-vous dans quelques jours dans la salle blanche ? Tous les élèves de la classe en parle mais je n'y ai jamais mis les pieds. Au moins la bas on ne risquera pas de mettre quelqu'un en danger. Enfin si tu n'as pas peur de mes pouvoirs diaboliques... "

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Re: Confronté à la roche, le ruisseau l'emporte toujours, non par la force, mais par la persévérance [Emelïa Hørn]

Posté : jeu. mai 13, 2021 11:08 am
par Sebastian Jacobsen
Confronté à la roche, le ruisseau l'emporte toujours, non par la force, mais par la persévérance
La pauvre demoiselle, maintenant assise sur un banc, semblait mal en point. Elle n'avait pas chuté de bien haut, mais était surtout mal tombée. Malgré la douleur qu'elle laissait paraître, elle avait refusé de se rendre à l'infirmerie, mais sans doute que Sebastian insisterait encore. Après tout, la médecine magique semblait faire des miracles avec certaines maladies ou blessures "moldues" anodines. Sans doute que soigner une entorse serait un jeu d'enfant pour l'infirmier.

La discussion qui s'orienta ensuite vers les sortilèges sembla raviver quelque peu la bonne humeur de sa camarade. Celle-ci avait exprimé son angoisse à l'idée de ne pas se sentir à sa place, de ne pas parvenir à rattraper les autres, ce sur quoi l'adolescent avait tenté de la rassurer. Ce n'était pas parce qu'elle n'avait pas grandi de ce monde qu'elle devait se sentir inférieure ou rejetée. Il devait y avoir bon nombre d'exemples, à travers l'histoire, de sorciers nés-moldus qui avaient accompli de grandes choses, au point que leurs noms soient inscrits dans des livres d'enseignement. Sans doute y avait-il encore beaucoup d'autres nés-moldus des plus doués qui n'étaient pas dans les annales, parce que leurs projets et ambitions leur avaient fait suivre une route plus tranquille, ou disons plutôt éloignée des projecteurs. Le plus important était de se donner les moyens de réussir, si tel était son souhait, pour ne pas avoir de regrets par la suite.

« Oui... Tu as peut-être raison. J'aimerais vraiment un jour être à leurs niveaux mais je doute quand même... Oui, ma mère est une moldu et mon père un sorcier mais... Il était pas vraiment présent pour moi alors je le connais à peine... Franchement tout ceci est dingue, je n'aurais jamais imaginé qu'il existe des écoles comme celle-ci... Et toi ? Tes parents ne pratiquent aucune magie ? Nous sommes des catastrophes tous les deux alors ! Car je suis une vraie calamité avec ma baguette... » répondit la demoiselle.

Le brun arbora un regard empreint de douceur après l'avoir écoutée. Il n'osa pas rebondir sur l'absence de son père, puisqu'elle avait enchaîné avec d'autres propos. Dans d'autres dispositions, peut-être aurait-il abordé le sujet, avec plus ou moins de tact, mais il était suffisamment préoccupé par le fait de l'avoir blessée.

« Ne doutes pas de toi, c'est le meilleur moyen pour que tes craintes s'avèrent réelles. Et c'est l'une des meilleures armes qu'un adversaire peut utiliser, le doute. Je suis certain que tu deviendras une pro des sortilèges avec un peu d'entraînement ! » l'encouragea-t-il, un sourire radieux sur le visage. « Et non, mes parents ne pratiquent aucune magie et sont complètement étrangers à ce monde, tout comme moi je l'étais il y a encore peu de temps. Tout comme toi, je n'imaginais pas qu'il puisse exister de telles écoles. Mais c'est une bonne chose ! Surtout pour les catastrophes comme nous, comme tu le dis si bien ! »

Ce n'était pas tout à fait vrai lorsqu'il affirmait avoir été étranger à ce monde jusqu'à peu encore, puisque d'une part sa magie s'était manifestée à quelques reprises, sans qu'il ne la contrôle, et d'autre part, il avait fait la rencontre d'une créature qui était initialement issue de ce monde et qui avait lié son destin à celui-ci. Cela faisait presque trois ans qu'il était davantage associé au monde magique qu'à celui moldu, sans l'avoir réellement souhaité, et ayant dû apprendre à gérer seul sa malédiction. Qu'en réalité, il ne pouvait guère contrôler.

Après cet échange intéressant, les deux jeunes gens se présentèrent enfin l'un à l'autre.

« Haha ! Seb, je t'appellerai Seb. Mais la prochaine fois que tu cherches à te faire des amis essaies de ne pas les enterrer vivant. Il parait que ça aide. »

La demoiselle éclata de rire, et fut suivi par Sebastian, qui passa machinalement une main dans ses cheveux, confus. Il n'avait commencé à échanger que depuis quelques minutes, et pourtant elle avait déjà cerné l'une de ses premières caractéristiques, que les autres oubliaient difficilement : sa capacité à leur porter la poisse. Oui... Catastrophe, elle avait vraiment choisi le bon mot. Pourtant, cela ne le dissuada pas de lui proposer de devenir sa camarade d'entraînement pour les sortilèges. À deux, cela n'en serait que plus amusant ! Ou dangereux, peut-être ?

« Oui, avec grand plaisir. Nous pourrions nous donnez rendez-vous dans quelques jours dans la salle blanche ? Tous les élèves de la classe en parlent mais je n'y ai jamais mis les pieds. Au moins là-bas on ne risquera pas de mettre quelqu'un en danger. Enfin si tu n'as pas peur de mes pouvoirs diaboliques... »

Le visage du brun s'illumina et un franc sourire étira ses lèvres.

« Super ! Oui, on peut faire ça ! Que dirais-tu de mardi après-midi ? Nous n'avons pas cours à ce moment-là. Puis comme on a sortilège le lendemain, ça tombe bien ! Si jamais on a foiré un truc, on pourra demander conseil à la prof. Et si on a réussi un exploit, on pourra faire la démonstration en classe pour clouer le bec de tous ceux qui se foutent de notre gueule ! » plaisanta-t-il. « Enfin, si tu vas mieux d'ici là. »

Ce n'était pas son genre de se mettre en avant, même si certains pouvaient le croire du fait de ses interventions parfois inappropriées ou amusantes. Il n'en avait rien à faire des élèves qui se moquaient de ses capacités en magie. Pour qu'il s'emporte, il fallait plutôt que cela heurte l'un de ses proches, avec insistance. À un moment, il pouvait effectivement commencer à perdre patience. Mais ce n'était pas sous ce visage qu'on le connaissait le plus.

« Puisque tu n'as pas peur de mes pouvoirs incontrôlés, je pense que j'arriverai à me montrer suffisamment courageux pour affronter les tiens. » rit-il.

C'était une bonne idée d'utiliser la salle blanche pour leurs entraînements. Sebastian n'y avait pas pensé. À l'instar de la blonde, il ne s'y était jamais rendu et ne savait pas à quoi elle ressemblait. Cela serait en plus l'occasion pour lui de le découvrir !

« En tout cas c'est cool ! Je sens qu'on va bien s'amuser ! » conclut-il, impatient d'être à leur première séance.

Il reporta ensuite son attention sur sa cheville endolorie, qu'il n'avait pas oublié.

« Tu es sûre que tu ne veux pas que je t'amène à l'infirmerie ? Cela ne me dérange pas, au contraire. C'est de ma faute si t'es blessée... » reprit-il avec sérieux, avant de faire à nouveau de l'humour pour l'inciter à accepter. « Puis bon ça nous permettrait de faire connaissance avec les soignants, si on s'entraîne ensemble je pense que d'ici quelques semaines ils connaitront tout de notre vie à force de nous voir et on pourra aller boire un verre avec eux. »
Ft. Emelïa Hørn

Re: Confronté à la roche, le ruisseau l'emporte toujours, non par la force, mais par la persévérance [Emelïa Hørn]

Posté : ven. mai 14, 2021 10:24 pm
par Emelïa Hørn







Confronté à la roche...

Ne pas douter, c'était bien plus facile à dire qu'à faire... Je passais mon temps à douter de tout ce qui m'entourait, de moi, des autres, du monde. Rien ne passait à la trappe de mes tristes pensées, ni l'amour de ma famille qui était désormais tiraillé et toute torturé, ni mes propres capacités. J'avais cette crainte depuis toute petite. Après tout quand on grandi enfermé dans une petite bulle car sa propre mère refuse de nous laisser explorer le monde, on finit par penser que le danger ne vient pas de dehors mais de dedans, c'était moi et mes pouvoirs dissimulés qui créait de véritables tornades.

Je revenais à notre discussion et nous parlions désormais de nos familles respectives. Je préférais ne pas m'épancher trop longtemps sur la mienne qui était trop sombre pour être partagé ainsi avec un demi inconnu. Un jour peut-être nous deviendrons de grands amis et alors nous connaitrons tout l'un de l'autre mais pour le moment je n'étais pas prête à m'ouvrir plus. Il me parlait de ses parents qui étaient nouveaux dans se monde, celui des sorciers et du fantastique, et je me dis que ma mère avait beaucoup trop de secrets... Comment avait-elle pu me cacher tout ceci ? J'aurai pu connaître et maitriser mon pouvoir comme les enfants sorciers de mon âge. C'était surement un bien pour un mal, car avec ma médiocrité je venais de me faire un ami de travail.

" Ho ! Ca fait beaucoup de choses à apprendre en peut de temps... La maie, les pouvoirs, les créatures magiques ! Ce monde est si grand ! Comment ont réagit tes parents en apprenant que tu étais un sorcier ? Tu es le seul de ta famille à avoir ce don ? "

Une rencontre si étrange devenait une amitié puis une aide de travail. Franchement, pouvoir m'entrainer avec quelqu'un de mon niveau allait me permettre de prendre mon temps et de moins me focalisé sur mes échecs sans porter le regard sur la réussite des autres. Nous allions au moins tenter une séance de travail et, si le courant passe bien, ou si il ne tente pas à nouveau de me tuer involontairement alors peut-être que nous nous verrons plus souvent !

" Mardi après midi, c'est d'accord ! Ca me va très bien comme planning. Il y aura peut-être un temps de digestion mais dans tous les cas nous aurons plusieurs heures de travails. Au pire je tenterais de te changer en pouf pour faire une sieste sur toi. "

Je riais avec lui, nous allions peut-être faire exploser l'école ce jour là, ou quelques coussins mais au moins nous aurions essayé et c'était déjà le principal. Il n'y a que ceux qui ne font rien qui ne peuvent échouer et si il y a bien une chose que je tiens de mon paternel c'est l'envie d'apprendre.
Il me parlait à nouveau de l'infirmerie et bien que j'étais un peut apeuré à l'idée de boire une fiole verte et de me transformer en crapeau il faut avouer que la douleur c'était intensifier et que si nous n'agissions pas je finirais quand même à l'infirmerie...

" Non... Enfin... Oui. Allons-y... Ce serait peut-être plus sage... Enfin... Si tu accepte de m'aider à traverser tout le parc car je serais incapable de marcher jusqu'à l'infirmerie toute seule. "

Je lui tendis alors la main avec un sourire légèrement gênée de devoir lui demander de l'aide.

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Re: Confronté à la roche, le ruisseau l'emporte toujours, non par la force, mais par la persévérance [Emelïa Hørn]

Posté : jeu. mai 20, 2021 8:36 pm
par Sebastian Jacobsen
Confronté à la roche, le ruisseau l'emporte toujours, non par la force, mais par la persévérance
Au moins, même s'il avait causé du tort à la demoiselle, elle n'était pas partie en courant et avait mieux réagi qu'un certain blond à qui il avait abîmé un bouquin et un vêtement. En un sens, heureusement que tout le monde ne fuyait pas face à sa maladresse causée par son manque de concentration ; il aurait eu bien du mal à se faire des amis !

« Ho ! Ça fait beaucoup de choses à apprendre en peu de temps... La magie, les pouvoirs, les créatures magiques ! Ce monde est si grand ! »

Sebastian avait effectivement pu se rendre compte de la multitude d'inventions sorcières, de sortilèges, de créatures, même de confiseries farfelues ! Le terme "monde" était très représentatif de ce qu'il recouvrait. C'était effectivement comme un deuxième univers. Lui qui faisait déjà preuve d'une grande curiosité dans son monde moldu, elle redoublait encore ici.

« Comment ont réagi tes parents en apprenant que tu étais un sorcier ? Tu es le seul de ta famille à avoir ce don ? »

Sans qu'il ne le contrôle, le corps de Sebastian se crispa et il serra sa mâchoire. Elle venait de s'aventurer sur un terrain sensible. Il pouvait parler de son enfance moldue sans trop de peine, bien que cela lui évoquait de merveilleux souvenirs qui étaient, en un sens, ternis à jamais, expliquer le métier de ses parents, même dire qu'ils n'étaient pas de ce monde. Mais lorsque les questions rejoignaient, directement ou non, sa condition et surtout l'atrocité qu'il avait commise, il ne parvenait que très rarement à rester de marbre. À faire semblant. Par chance, la plupart des personnes avec lesquelles il avait commencé à nouer un lien n'avait pas creusé son vécu avec ce genre de questions, "comment tes parents ont réagi" ou encore "est-ce que tu as un don particulier ?". Ils se cantonnaient aux questions les plus communes, "d'où tu viens ?", ou encore "comment ta magie s'est-elle manifestée ?". Il avait beau s'entourer de monde et chercher à ne pas y penser, la vie semblait toujours parvenir à lui rappeler son crime même dans les actes et paroles les plus anodins.
La question de la sorcière tambourina son crâne. Comment avaient-ils réagi ? Ils ne l'avaient d'abord pas cru, jusqu'à ce qu'il s'enferme dans leur cave la pleine suivante et qu'il se transforme en animal. À ce moment-là, ils étaient passés par une multitude d'émotions, toutes négatives. La stupéfaction, la crainte, le dégoût, la haine. Sans doute que s'il leur avait avoué dès le début, leur réaction aurait été différente, car à cette époque, il était juste sorcier. Pas une malédiction. Ils seraient passés par la stupéfaction, c'était certain, mais auraient sans doute fini par éprouver de la fierté et de la joie. Mais comment cela pouvait-il être le cas, alors qu'il avait avoué à la fois sa nature sorcière et sa condition de lycanthrope ? Qu'il les avait liés ensemble, dans l'esprit de ses parents. Il n'était plus qu'abomination à leurs yeux. Ces yeux dans lesquels il percevait toujours les mêmes ressentiments aujourd'hui. Ces regards qu'il n'osait plus croiser. Encore moins celui de Jonas, son frère, à qui il avait gâché la vie. À bien y réfléchir, il avait ruiné la vie de toute sa famille, en fait.

« Bien. » mentit-il, un fin et faux sourire s'emparant de ses lèvres. « Oui, je suis le seul. »

Il avait au moins cette chance de pouvoir évoluer dans ce monde. Il n'en serait pas moins damné si son secret était découvert, mais son frère, lui, était dans cet entre-deux. Moldu, n'appartenant pas au monde sorcier, et lycanthrope, issu de ce monde. Les sorciers loups-garous étaient déjà rejetés par les sorciers, alors un moldu lycanthrope, cela n'en serait qu'encore pire. Quant aux moldus, s'ils avaient connaissance de leur existence, sans doute ne leur réserveraient-ils pas de meilleur sort. Peut-être feraient-ils des expériences avec eux afin de percer leur secret. Sebastian aurait été prêt à accepter ce destin, à endurer toutes les souffrances qu'on lui infligerait, pour se punir. Même s'il avait conscience qu'aucune punition ne serait suffisante pour qu'il se rachète ou pour qu'il se pardonne.

Il resta silencieux quelques instants. Il ne comptait pas retourner de questions à sa camarade. Il n'avait pas envie qu'elle creuse davantage. Heureusement, lorsque vint le temps des présentations, il parvint à laisser de côté ses tourments. Ou plutôt, il tenta de ne plus se focaliser dessus. Il fut même en capacité de lui proposer de s'entraîner ensemble. Lorsque la demoiselle accepta, il retrouva le sourire, ne se souciant plus des questions qui l'avaient mis à l'aise quelques instants auparavant. Probablement reviendraient-elles à un autre moment. Peut-être le soir, au coucher, quand il serait seul dans sa bulle, que ses camarades dormiraient. Il ferait alors un cauchemar, sans doute celui où il attaquait son frère, se réveillerait en sursaut, tremblant, avant de se rendormir, ou pas, jusqu'à ce que le monde avec lequel il s'entourerait le lendemain lui permette de refouler. Et ainsi de suite.

« Mardi après-midi, c'est d'accord ! Ça me va très bien comme planning. Il y aura peut-être un temps de digestion mais dans tous les cas nous aurons plusieurs heures de travail. Au pire je tenterais de te changer en pouf pour faire une sieste sur toi. »

Il accompagna son rire, avant de rétorquer, un sourire narquois sur le visage :

« Tant que t'arrives à me retransformer en humain, pas de problème ! La vie d'un pouf n'est pas trépidante et je ne pense pas que j'accepterais que n'importe qui se pose sur moi ! Alors sois honoré que je sois d'accord pour que tu te reposes sur moi. »

D'ailleurs, du repos, elle en avait besoin sans doute besoin dès maintenant. Voyant que sa cheville ne semblait pas aller mieux, il lui reproposa de l'amener à l'infirmerie. Cette fois-ci, elle accepta, après une petite hésitation.

« Non... Enfin... Oui. Allons-y... Ce serait peut-être plus sage... Enfin... Si tu acceptes de m'aider à traverser tout le parc car je serais incapable de marcher jusqu'à l'infirmerie toute seule. »

Il leva les yeux au ciel, amusé, tellement la réponse était évidente.

« Non, je vais te regarder te démerder, puis je vais marrer à chaque chute que tu feras. » répondit-il d'un ton sérieux, avant d'exploser de rire. « Ben bien sûr que je vais t'aider, ça me semble tellement logique ! J'ai besoin d'un cobaye pour mes sortilèges après tout ! »

Il attrapa la main qu'elle lui tendit et l'aida doucement à se lever, un large sourire illuminant son visage.

« On va y aller doucement. Avec un peu de chance on arrivera avant Noël. » la taquina-t-il.

Ils commencèrent à se mettre en route tranquillement. Très tranquillement. Heureusement pour Emelïa, il fit très attention à là où il posait les pieds et resta concentré sur sa mission. Il ne manquerait plus qu'il la refasse tomber, ou pire, qu'il lui tombe dessus. Ils parvinrent finalement à destination, après un long moment de marche, qui leur avait permis de parler de divers sujets. À présent, la blonde serait entre de bonnes mains.
Ft. Emelïa Hørn